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Une immobilité dans le réseau : Les projets gaziers du Maroc et l'art de rester immobile

Le Maroc suspend ses projets gaziers prévus, reflétant une réévaluation stratégique au milieu de marchés énergétiques en mutation et d'un tournant à long terme vers les énergies renouvelables.

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Fernandez lev

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Une immobilité dans le réseau : Les projets gaziers du Maroc et l'art de rester immobile

Dans les premières heures du matin le long de la côte marocaine, le vent continue de se mouvoir avec confiance. Il glisse à travers les ports et les plaines, sur des collines qui ont longtemps appris la patience, portant avec lui le sentiment que le mouvement ne signifie pas toujours hâte. Certaines choses avancent en attendant, en écoutant le sol sous elles avant de se déplacer à nouveau.

Cette logique silencieuse semble avoir atteint les corridors énergétiques du pays. Le ministère de l'Énergie du Maroc a mis plusieurs projets de gaz naturel prévus en attente, relâchant son pied de l'accélérateur à un moment où les cartes énergétiques mondiales restent instables. La décision n'arrive pas avec le fracas d'une annulation ou le drame d'un retrait. Au contraire, elle se pose comme la poussière après qu'un véhicule a ralenti—visible, mais pas définitive.

Depuis des années, le gaz occupe un espace intermédiaire dans l'histoire énergétique du Maroc. Ce n'était ni le combustible dominant du passé ni la promesse solaire et éolienne qui définit maintenant les ambitions à long terme du pays. Les projets gaziers étaient présentés comme des ponts : des infrastructures destinées à stabiliser l'approvisionnement, réduire la dépendance au charbon importé et fournir une puissance flexible pendant que la capacité renouvelable s'étendait à travers déserts et côtes.

Mais les ponts nécessitent une confiance quant à leur destination. L'augmentation des coûts, les prévisions de demande changeantes et un marché international du gaz volatile ont brouillé ces destinations. La pause du ministère reflète une recalibration plus large, façonnée par le poids des décisions d'investissement qui s'étendent sur des décennies dans le futur. Les pipelines, terminaux et installations de stockage ne répondent pas seulement au présent ; ils verrouillent des hypothèses sur les prix, la sécurité d'approvisionnement et les modèles de consommation longtemps après que les cycles politiques aient évolué.

Le paysage énergétique du Maroc est déjà encombré d'horizons lointains. D'immenses complexes solaires suivent l'arc lent du soleil à travers le ciel. Les parcs éoliens tournent régulièrement le long des crêtes atlantiques. Ces projets parlent une langue différente—celle de la permanence plutôt que de la transition. Dans ce contexte, le gaz commence à sembler moins comme une étape et plus comme un point d'interrogation, flottant entre nécessité et redondance.

Les responsables ont présenté le retard comme stratégique plutôt que réactif. Des études sont revisitées, des délais reconsidérés et des priorités pesées par rapport aux engagements climatiques évolutifs et aux réalités financières. La pause permet de réévaluer si l'infrastructure gazière prévue s'inscrit toujours dans un système de plus en plus conçu autour des énergies renouvelables, du stockage et des interconnexions régionales.

La décision reflète également une hésitation mondiale plus large. Dans de nombreuses régions, les gouvernements luttent avec des dilemmes similaires : comment équilibrer la sécurité énergétique avec la décarbonisation, comment éviter les actifs échoués, comment rester flexible dans des marchés qui changent désormais plus rapidement que les infrastructures ne peuvent être construites. L'immobilité du Maroc fait partie de ce rythme plus large, une incertitude partagée plutôt qu'un choix isolé.

Rien ici ne suggère un abandon. Les plans gaziers restent sur la table, pliés plutôt que jetés. Mais le pliage lui-même porte un sens. Il signale une prise de conscience que l'élan seul n'est pas une stratégie, et que la retenue peut être aussi délibérée que l'expansion.

Alors que la journée se réchauffe et que le vent côtier se renforce, l'avenir énergétique du Maroc continue de se mouvoir—juste pas toujours en avant dans une ligne droite. Certains chemins attendent une lumière plus claire. Certaines vannes restent fermées jusqu'à ce que le moment semble juste. Dans le silence entre les décisions, le pays mesure ses options, attentif à un avenir qui exige à la fois puissance et patience.

Avertissement sur les images AI Les illustrations ont été créées à l'aide d'outils d'IA et servent de représentations conceptuelles.

Sources Ministère de l'Énergie du Maroc Agence internationale de l'énergie Banque mondiale Banque africaine de développement

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