Les soirées à Abuja arrivent souvent doucement, la chaleur relâchant son emprise alors que les générateurs bourdonnent et que les télévisions brillent derrière des fenêtres drapées. La politique, ici, ne se manifeste que rarement d'un coup. Elle s'installe dans les pièces, dans des conversations murmurées, dans des plans qui avancent discrètement pendant que la ville semble se reposer. C'est dans cette demi-lumière que les discussions sur 2027 ont commencé à émerger—non pas comme une déclaration, mais comme une suggestion portée par des mots mesurés.
Aliyu Yilwatda, ministre et figure de proue au sein du parti au pouvoir, le All Progressives Congress du Nigeria, a récemment formulé une telle suggestion. Le parti, a-t-il déclaré, mobilise déjà en coulisses, posant des bases qui ne sont peut-être pas encore visibles pour le grand public. En revanche, il a observé que les figures de l'opposition semblent plus présentes sur les écrans de télévision que dans le travail plus lent et moins visible de l'organisation politique.
La remarque atterrit doucement mais porte une implication. La prochaine élection générale du Nigeria reste lointaine sur le calendrier, mais suffisamment proche pour influencer les comportements. Pour l'APC, qui gouverne depuis 2015, ce mouvement précoce est présenté comme une préparation plutôt qu'une proclamation—les structures du parti étant testées, les alliances discrètement réaffirmées, et les conversations internes tenues à l'écart des caméras. L'accent, selon Yilwatda, n'est pas mis sur la performance mais sur le processus.
Les partis d'opposition, quant à eux, occupent un rythme différent. Le temps d'antenne est plus facile à mesurer que la portée de la base, et la critique télévisée voyage plus vite que la persuasion porte-à-porte. Le contraste de Yilwatda suggère une tension familière dans la politique nigériane : visibilité contre organisation, voix contre machinerie. Ce n'est pas une accusation autant qu'une lecture de posture, un sentiment de là où l'énergie est dépensée.
Le paysage politique lui-même reste fluide. Le Nigeria continue de naviguer entre les pressions économiques, les préoccupations en matière de sécurité et les attentes du public façonnées par les élections récentes. Dans un tel climat, la mobilisation précoce peut être interprétée de deux manières—soit comme de la confiance, soit comme de la prudence. Les partis se souviennent à quelle vitesse les récits changent, comment les alliances se défont, et comment l'élan peut disparaître s'il n'est pas soigneusement entretenu.
Les commentaires de Yilwatda reflètent également une vérité plus large sur la politique moderne. Une grande partie de son travail se déroule hors de vue, dans des tableurs et des réunions stratégiques, dans le lent assemblage des intérêts. La télévision offre une immédiateté, mais l'organisation offre une endurance. Aucun des deux ne garantit la victoire, mais tous deux révèlent l'intention.
Alors que la nuit s'approfondit et que les écrans finissent par s'assombrir, l'avenir reste indécis. Ce qui est clair, c'est que 2027 est déjà entré dans la pièce, non pas bruyamment, mais de manière persistante. Un côté prétend avancer discrètement, l'autre s'exprime ouvertement. Entre les deux approches se trouve la question nigériane familière de savoir si le pouvoir est façonné davantage par ce qui est vu ou par ce qui est préparé longtemps avant l'arrivée des projecteurs.
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Sources Reuters Associated Press BBC News Al Jazeera Premium Times

