Dans le sud-ouest du Pakistan, la terre s'étend large et sparse, cousue de routes qui disparaissent dans les collines et la poussière. Le terrain véhicule un sentiment de distance — du pouvoir, de la prospérité, du langage confiant des capitales.
Pourtant, cette géographie silencieuse se trouve au cœur de certaines des promesses les plus ambitieuses du Pakistan.
Les récentes attaques militantes au Balochistan ont une fois de plus attiré l'attention sur l'environnement de sécurité fragile entourant les grands projets d'infrastructure et les routes de transport liées au Corridor économique Chine-Pakistan. La violence, ciblant les forces de sécurité et, parfois, des sites associés au développement soutenu par la Chine, souligne l'écart persistant entre les assurances de stabilité d'Islamabad et les réalités sur le terrain.
Le Pakistan a longtemps présenté le corridor comme une pierre angulaire de la relance économique — un réseau d'autoroutes, de ports, de projets énergétiques et de zones industrielles censé relier l'ouest de la Chine à la mer d'Arabie. Pour Pékin, cela représente une artère stratégique. Pour le Pakistan, un chemin vers l'investissement, la croissance et la pertinence géopolitique.
Mais les corridors nécessitent plus que du béton.
Ils nécessitent du calme.
Les groupes militants opérant au Balochistan ont à plusieurs reprises présenté les projets chinois comme des symboles d'exploitation, arguant que les communautés locales voient peu de bénéfices dans la richesse promise par le développement à grande échelle. Les attaques au cours des derniers mois ont inclus des assauts sur des points de contrôle de sécurité, des embuscades sur des convois et des attentats à la bombe près de sites d'infrastructure.
Les autorités pakistanaises affirment avoir intensifié les opérations de lutte contre le terrorisme et élargi les unités de sécurité spéciales chargées de protéger les travailleurs et les projets chinois. Les responsables insistent sur le fait que la plupart des constructions se poursuivent et que la coopération avec Pékin reste forte.
Pourtant, chaque nouvelle attaque rouvre de vieilles questions.
Pour la Chine, la stabilité n'est pas un concept abstrait. C'est une condition préalable à l'investissement. Les entreprises chinoises ont déjà exprimé des préoccupations par le passé concernant la sécurité du personnel au Pakistan, et Pékin a pressé Islamabad de fournir de plus fortes garanties.
Pour la direction pakistanaise, les enjeux vont au-delà de la Chine.
Islamabad a également cherché à se positionner comme un partenaire fiable pour les États-Unis, en mettant l'accent sur la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et de stabilité régionale. L'ancien président américain Donald Trump a précédemment lié l'engagement américain avec le Pakistan à sa performance dans la lutte contre la militance, utilisant souvent un langage franc sur les attentes et les conséquences.
En ce sens, l'agitation au Balochistan résonne à l'extérieur.
Elle complique le récit du contrôle du Pakistan. Elle affaiblit son cas en tant que hub fiable pour la connectivité régionale. Et elle expose les limites des solutions militaires aux problèmes enracinés dans des griefs politiques et économiques.
Le Balochistan est la plus grande province du Pakistan en superficie, mais l'une des plus pauvres. Des décennies de sous-développement, des disputes sur le partage des ressources et des allégations d'opérations de sécurité brutales ont alimenté des cycles de ressentiment. Les promesses d'écoles, d'hôpitaux, d'emplois et d'inclusion politique sont arrivées lentement, voire pas du tout.
Dans ce contexte, de nouvelles autoroutes et ports peuvent sembler moins comme une opportunité et plus comme une intrusion.
Le gouvernement pakistanais affirme qu'il élargit les programmes sociaux dans la province et augmente la participation locale à la planification du développement. Les responsables soutiennent qu'une combinaison de mesures de sécurité et d'inclusion économique est la seule voie vers une paix durable.
Mais les progrès sont inégaux, et la patience est mince.
Du point de vue d'Islamabad, le timing est particulièrement sensible. Le Pakistan cherche des investissements étrangers, un allégement de la dette et une bonne volonté diplomatique. Chaque explosion au Balochistan devient un rappel que l'ambition seule ne crée pas de stabilité.
Du point de vue d'un village le long d'une route à moitié construite, le tableau semble plus simple.
La sécurité compte. Les emplois comptent. Être entendu compte.
Jusqu'à ce que ces besoins soient satisfaits, le terrain reste instable.
Le Pakistan continue d'assurer à la Chine que ses projets phares sont sécurisés. Il continue de dire à Washington qu'il est un partenaire responsable. Ces déclarations sont faites avec confiance.
Pourtant, au Balochistan, la confiance voyage lentement.
Les routes sont là. Les plans sont écrits. Les promesses sont prononcées.
Ce qui reste incertain, c'est de savoir si le silence entre les coups de feu peut être comblé par quelque chose de plus durable que la force — quelque chose de plus proche de la confiance.

