La poussière flotte légèrement au-dessus des plaines à l'aube, adoucissant l'horizon où les acacias s'amenuisent en mémoire. Les puits qui marquaient autrefois des points de rassemblement sont désormais silencieux, leurs cordes lâches, leurs ombres plus longues que l'eau qu'ils promettent. En Somalie, les saisons sont devenues des conteurs hésitants, offrant moins de pluies et des pauses plus longues entre elles, comme si la terre elle-même retenait son souffle.
Cette année, les agences humanitaires avertissent que la sécheresse a de nouveau resserré son emprise, pesant le plus lourdement sur les communautés rurales déjà habituées à la résilience. Les pasteurs déplacent leurs troupeaux sur des distances de plus en plus grandes, suivant des rumeurs d'herbe plutôt que des certitudes. Les cultures fléchissent sous un soleil qui arrive tôt et s'attarde tard, tandis que les prix des denrées alimentaires dans les villes augmentent avec une inévitabilité silencieuse. La crise n'est pas soudaine ; elle se déroule progressivement, comme une marée qui avance pendant que l'attention s'égare ailleurs.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a décrit un fossé croissant entre les besoins et les ressources. Les lacunes de financement ont ralenti la livraison d'assistance alimentaire, de transport d'eau et de services de santé, même si les systèmes d'alerte précoce signalent un risque croissant. Des millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë, et les taux de malnutrition chez les enfants restent dangereusement élevés dans plusieurs régions. Les chiffres, lorsqu'ils sont prononcés, semblent précis, mais ils représentent des négociations quotidiennes : combien manger, combien marcher, quoi laisser derrière.
La vulnérabilité de la Somalie est façonnée par plus que la météo seule. Des années de conflit, de déplacement et d'infrastructures fragiles ont aminci la marge de récupération. Lorsque les pluies échouent, il y a peu de marge de manœuvre. La variabilité climatique a rendu les sécheresses plus fréquentes et plus sévères, comprimant le temps de récupération et érodant les mécanismes d'adaptation qui portaient autrefois les familles à travers les années difficiles. Les travailleurs humanitaires notent que les communautés s'adaptent, mais l'adaptation nécessite autant de soutien que d'ingéniosité.
Lors de réunions loin des lits de rivières asséchés, les donateurs pèsent les priorités au milieu d'un paysage mondial de crises encombré. La sécheresse en Somalie rivalise discrètement pour attirer l'attention, son urgence mesurée non par le spectacle mais par la persistance. L'OCHA et les organisations partenaires continuent d'appeler à un financement rapide, soulignant que l'intervention précoce coûte moins—en vies et en ressources—que la réponse d'urgence après que les dégâts sont faits.
Alors que le soir s'installe sur la campagne, la chaleur se relâche légèrement, et les conversations se tournent vers le ciel. Les nuages sont observés avec une patience acquise. La sécheresse en Somalie n'est pas seulement un test de la pluie, mais de la résolution collective—si les avertissements entendus tôt peuvent encore changer ce que la prochaine saison apportera.
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Sources Nations Unies Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU Programme alimentaire mondial Reuters

