Par une froide journée d'hiver à Téhéran, alors que le soleil se couchait derrière les dômes des mosquées et que les minarets de la ville projetaient de longues ombres, un récit familier a refait surface depuis le podium du pouvoir. Le président iranien Masoud Pezeshkian — une figure à la fois centrale et controversée dans le paysage politique actuel du pays — s'est adressé à la nation d'un ton ferme qui mêlait ressentiment et défi. Dans ses remarques, il a placé la responsabilité bien au-delà des frontières de l'Iran, désignant les États-Unis, Israël et les dirigeants européens comme des forces ayant exacerbé le mécontentement au sein de son pays.
Le contexte de ses commentaires était une vague de manifestations qui a éclaté fin décembre, déclenchée par une détérioration des conditions économiques — inflation galopante, augmentation du coût de la vie et frustration publique face à ce que de nombreux Iraniens décrivent comme une négligence systémique. Les manifestations se sont répandues à travers des villes grandes et petites, laissant dans leur sillage un lourd tribut après une réponse gouvernementale musclée. Les groupes de défense des droits estiment que le nombre de morts lié au mécontentement se chiffre en milliers, tandis que les responsables iraniens fournissent des chiffres plus bas, incluant souvent les forces de sécurité parmi les victimes.
Dans cette atmosphère chargée, le discours de Pezeshkian a déplacé l'attention des griefs internes vers ce qu'il a appelé l'ingérence externe. Il a accusé les dirigeants de Washington, Jérusalem et des capitales européennes d'exploiter les difficultés économiques de l'Iran pour inciter et étendre les manifestations, affirmant que ces puissances étrangères fournissaient à la fois encouragement et soutien matériel cherchant à "déchirer la nation en morceaux". Ces déclarations ont été diffusées sur les médias d'État et ont été reprises dans les déclarations gouvernementales qui ont cadré le mécontentement comme faisant partie d'une stratégie plus large visant à affaiblir la cohésion sociale et la stabilité politique de l'Iran.
Le récit du président est à la fois politique et psychologique, visant à présenter le désaccord public non seulement comme une frustration intérieure mais comme partie d'un complot externe. Ce fil conducteur traverse la rhétorique de longue date de Téhéran, où l'influence étrangère est souvent invoquée pour expliquer les crises internes. Le gouvernement iranien a à plusieurs reprises cité des expressions de soutien aux manifestations venant de l'étranger — y compris des commentaires publics de responsables américains et des avertissements de gouvernements occidentaux concernant les abus des droits humains — comme preuve d'une ingérence internationale.
En réponse aux critiques étrangères concernant la gestion par l'Iran du mécontentement, Téhéran a également porté son cas devant des forums internationaux. Les diplomates iraniens ont soutenu que la critique externe et le soutien aux manifestants avaient franchi la ligne de l'observation à l'ingérence, pointant du doigt l'amplification sur les réseaux sociaux et les commentaires politiques de dirigeants étrangers comme partie d'une stratégie plus large pour attiser les flammes du mécontentement.
Du point de vue de Washington, le soutien aux manifestants a été largement articulé comme une préoccupation pour les droits humains et des appels à la responsabilité au milieu de rapports de pertes humaines et d'arrestations généralisées. Les gouvernements occidentaux — et les responsables européens en particulier — ont appelé à la retenue et à la transparence pendant les manifestations, tout en imposant des sanctions aux responsables iraniens impliqués dans la répression. Téhéran rejette ces actions comme étant politiquement motivées et injustement punitives.
Au sein même de l'Iran, la réponse aux accusations de Pezeshkian est mitigée. Certains Iraniens font écho aux avertissements du gouvernement concernant l'ingérence étrangère, voyant les forces externes comme exploitant opportunément les défis nationaux. D'autres rejettent de telles affirmations, insistant sur le fait que les racines du mécontentement résident dans les difficultés économiques et les demandes de réforme, plutôt que dans des provocations étrangères.
Alors que la poussière de la vague de manifestations se dissipe, la rhétorique demeure un champ de bataille clé. Pour le président iranien, lier le mécontentement à l'antagonisme occidental sert à la fois de défense des actions de son gouvernement et d'affirmation plus large de la souveraineté nationale. Pour les critiques, cependant, l'accent mis sur la culpabilité externe risque d'obscurcir les préoccupations profondes qui ont alimenté le mécontentement en premier lieu.
Dans une région où les tensions géopolitiques sont profondément enracinées, ces récits concurrents continueront de façonner à la fois la politique intérieure et la diplomatie internationale, même que les Iraniens ordinaires naviguent les impacts très réels de la pression économique et de l'incertitude politique.
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Sources Reuters BBC News Al Jazeera The Guardian Associated Press

