Alors que des diplomates et des responsables de la défense arrivent à Munich, il y a un sentiment que la conférence de sécurité de cette année est moins axée sur la gestion des crises que sur la gestion des attentes. La Conférence de sécurité de Munich (MSC), longtemps symbole de l'unité transatlantique, se prépare à ce que de nombreux analystes européens décrivent comme une nouvelle phase de la "politique de démolition" de Donald Trump.
L'expression, tirée du Rapport de sécurité de Munich publié avant la réunion, reflète une préoccupation croissante selon laquelle l'ordre international qui sous-tend la sécurité européenne n'est plus seulement mis à l'épreuve aux marges, mais frappé à sa racine. Les organisateurs et les participants de la conférence s'attendent à ce que les débats soient façonnés par la possibilité d'une nouvelle perturbation américaine des alliances, des institutions et des hypothèses qui ont défini la sécurité mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Au cœur de l'anxiété se trouve la prévisibilité. Les responsables européens affirment qu'ils peuvent gérer les désaccords avec Washington ; ce qui les perturbe, c'est l'incertitude. L'approche de Trump en matière de politique étrangère — transactionnelle, conflictuelle et ouvertement sceptique à l'égard du multilatéralisme — a soulevé des doutes sur la durabilité des engagements autrefois considérés comme fondamentaux, du principe de défense collective de l'OTAN aux réponses coordonnées sur l'Ukraine et le commerce mondial.
Le rapport de la MSC avertit que l'impact cumulatif de ces politiques risque d'accélérer l'érosion d'un système basé sur des règles qui dépend autant de la confiance que de la puissance militaire. Les tarifs imposés aux alliés, la rhétorique fluctuante sur les garanties de défense et la pression pour un partage rapide des charges sont cités non pas comme des mesures isolées, mais comme partie d'une vision du monde plus large qui traite les alliances comme un levier plutôt que comme une responsabilité partagée.
Les responsables américains rejettent cette caractérisation, arguant que les demandes d'une plus grande autonomie européenne visent à renforcer, et non à affaiblir, la sécurité occidentale. Du point de vue de Washington, la perturbation est présentée comme une correction tardive — forçant les alliés à investir plus sérieusement dans leur propre défense et à affronter la complaisance stratégique.
Mais pour de nombreux experts en sécurité européens, l'intention est secondaire par rapport à l'effet. Même si les politiques sont présentées comme des réformes, le résultat a été un sentiment croissant que les arrangements de longue date ne peuvent plus être supposés tenir. Cette perception, soutiennent-ils, complique la dissuasion, encourage les adversaires et force les États européens à se prémunir contre l'incertitude de leur allié le plus proche.
Alors que les discussions commencent à Munich, l'ambiance n'est pas celle d'une rupture ouverte, mais d'un réalisme prudent. Les responsables se préparent à des conversations difficiles — sur l'autonomie, la résilience et comment l'Europe devrait réagir si le leadership américain continue d'osciller entre engagement et retrait.
La MSC a souvent servi de forum pour réaffirmer des valeurs partagées et un objectif collectif. Cette année, elle pourrait plutôt fonctionner comme un espace de planification des contingences. Se préparer à la "politique de démolition" ne signifie pas abandonner la relation transatlantique. Cela signifie reconnaître que l'ordre qui semblait autrefois permanent nécessite désormais une défense active — parfois même contre les forces qui l'ont construit.
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Sources Reuters BBC News The Guardian Financial Times Associated Press

