L'Union européenne prépare de nouvelles mesures visant à renforcer la pression financière sur la Russie, avec un projet de proposition qui ajouterait plusieurs banques du Laos, du Tadjikistan et du Kirghizistan à son cadre de sanctions en raison de leur rôle présumé dans la fourniture de services d'actifs crypto liés à des entités russes.
Cette initiative reflète une préoccupation croissante à Bruxelles quant au fait que les canaux financiers numériques sont de plus en plus utilisés pour contourner les restrictions imposées après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Alors que l'accès aux banques traditionnelles s'est rétréci sous les différentes vagues de sanctions, les régulateurs affirment que des systèmes alternatifs — y compris les transactions crypto et les réseaux financiers transfrontaliers plus petits — ont pris une importance croissante.
Selon le projet, les institutions ciblées sont soupçonnées de faciliter des services permettant aux clients russes ou aux intermédiaires d'accéder à des actifs numériques ou de déplacer des fonds en dehors de la portée des contrôles financiers occidentaux. Les responsables de l'UE ont travaillé pour combler de telles lacunes dans le cadre d'un effort plus large visant à empêcher la contournement des mesures existantes.
La proposition met en lumière l'évolution du paysage financier entourant la Russie au cours des deux dernières années. Avec les grandes banques russes coupées de certaines parties du système financier mondial, les entreprises et les intermédiaires se sont tournés vers de nouvelles juridictions et des technologies émergentes pour maintenir les flux commerciaux et les canaux de paiement. Dans certains cas, des banques plus petites dans des pays tiers sont devenues des maillons critiques dans ces réseaux alternatifs.
Les décideurs européens se sont de plus en plus concentrés sur ce qu'ils décrivent comme le "risque de contournement", ciblant non seulement des entités russes mais aussi des institutions étrangères soupçonnées de faciliter des transactions restreintes. Cette approche reflète des actions antérieures visant des entreprises de transport maritime, des intermédiaires commerciaux et des fournisseurs logistiques impliqués dans le détournement de pétrole et de biens.
Pour les pays concernés, la proposition souligne l'ampleur croissante des sanctions occidentales dans des régions qui maintiennent des liens économiques avec la Russie tout en cherchant à équilibrer leur propre stabilité financière et leurs relations internationales. Les gouvernements d'Asie centrale et d'Asie du Sud-Est ont souvent navigué sur une ligne délicate, tentant de préserver l'accès à plusieurs marchés au milieu de pressions géopolitiques concurrentes.
Les mesures proposées font partie d'un effort plus large de l'UE pour aborder le rôle des actifs crypto dans l'évasion des sanctions. Les régulateurs européens ont élargi la surveillance des fournisseurs de services d'actifs numériques, en mettant l'accent sur la traçabilité, les normes de conformité et la coopération avec des partenaires internationaux.
Toute nouvelle inscription nécessiterait l'approbation des États membres de l'UE et pourrait être révisée lors des négociations. Si elles sont adoptées, les mesures pourraient restreindre l'accès des banques nommées aux systèmes financiers européens et accroître le contrôle de la part des contreparties internationales.
La proposition reflète un changement plus large dans l'application des sanctions, alors que les autorités passent au-delà des contrôles bancaires traditionnels pour suivre les voies de la finance numérique — un domaine en évolution où la réglementation, la technologie et la géopolitique s'entrecroisent de plus en plus.

