Le 4 avril 2026, l'Assemblée nationale et le Sénat camerounais ont voté à une large majorité pour réintroduire le poste de vice-président, un rôle absent depuis 1972. Le nouvel amendement permet à Biya, qui dirige la nation depuis novembre 1982, de nommer un vice-président qui lui succédera automatiquement en cas de décès ou d'incapacité.
Le vote a vu 200 législateurs en faveur, 18 contre, et quatre abstentions. Biya a 15 jours pour signer le projet de loi afin qu'il devienne loi. Les responsables gouvernementaux soutiennent que cette réforme est nécessaire pour garantir la continuité et améliorer l'efficacité de la gouvernance, car elle soulage le Sénat de la prise en charge temporaire des fonctions présidentielles.
Cependant, les opposants soutiennent que l'amendement consolide le pouvoir au sein de l'administration de Biya et limite les processus démocratiques. Les membres de l'opposition, en particulier le Front social-démocrate (SDF), ont critiqué l'amendement pour son manque de large consultation et l'ont qualifié de "coup d'État constitutionnel et institutionnel". Ils ont souligné la nécessité que le vice-président soit élu conjointement avec le président, reflétant la diversité linguistique du pays en fournissant une représentation pour les communautés francophones et anglophones.
Le rétablissement de la vice-présidence a ravivé les discussions sur la succession de Biya et la future gouvernance du Cameroun, notamment compte tenu du conflit civil en cours et du mécontentement national sur diverses questions. La spéculation entourant qui assumera le nouveau poste ajoute une couche de complexité au paysage politique du Cameroun alors qu'il navigue à travers des griefs historiques et des défis contemporains.

