Le Parlement néerlandais a exprimé de fortes réserves concernant l'acquisition proposée de Solvinity, une entreprise essentielle au système national d'identité numérique DigiD, par la société informatique américaine Kyndryl. Lors des discussions tenues le 26 janvier 2026, les députés ont souligné les risques potentiels associés à la gestion des données vitales des citoyens par une entreprise américaine, craignant que les cadres juridiques américains, tels que le Cloud Act, n'affectent la sécurité et la souveraineté des informations des citoyens néerlandais.
DigiD est intégral à divers services gouvernementaux, permettant l'accès aux soins de santé, aux impôts et à d'autres fonctions municipales critiques. Solvinity fournit l'infrastructure informatique qui soutient ce système et opère à partir d'un centre de données gouvernemental, soulevant des inquiétudes quant à qui pourrait accéder à des informations sensibles en cas de changement de propriété.
Le scepticisme du parlement découle de la peur que les lois américaines puissent contraindre Kyndryl à remettre des données, peu importe où elles sont stockées. "Trump peut arrêter notre gouvernement numérique d'un simple coup de bouton," a averti la députée Barbara Kathmann, soulignant la gravité de la situation.
Malgré les évaluations en cours par le Bureau néerlandais de screening des investissements, qui vise à évaluer les implications pour la sécurité nationale de l'accord, les députés insistent sur la nécessité de mettre en œuvre des garanties plus strictes avant que l'acquisition ne progresse. Ils exhortent le gouvernement à appliquer des réglementations garantissant que les données liées à DigiD restent sous contrôle néerlandais et ne soient pas soumises à une influence juridique étrangère.
La discussion met en lumière un malaise croissant en Europe concernant la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines pour les infrastructures numériques fondamentales, en particulier alors que les tensions géopolitiques continuent d'augmenter. Alors que les tendances de privatisation augmentent, la nécessité d'un examen approfondi des relations avec les fournisseurs devient primordiale pour protéger les données sensibles des citoyens.
Les critiques au sein du parlement estiment que des alternatives doivent être envisagées pour éviter une influence étrangère excessive et sécuriser les systèmes d'identité numérique nationaux. Certains proposent diverses voies, y compris le renforcement des obligations contractuelles pour les fournisseurs et l'exploration d'autres options avant de finaliser tout accord.
Alors que le débat se poursuit, l'accent reste mis sur le maintien de l'intégrité du système DigiD tout en naviguant dans les dynamiques complexes de la gestion de l'identité numérique dans un monde de plus en plus interconnecté. Les législateurs sont fermement engagés à garantir que les données des citoyens soient conservées en toute sécurité, soulignant que le contrôle d'une telle infrastructure vitale est essentiel pour la souveraineté nationale.

