Il y a un drame particulier dans le silence. En mer, le son et son absence peuvent parler plus fort que les moteurs ou les alarmes, racontant des histoires que les mots seuls ne peuvent pas. Lors du récent procès concernant une collision mortelle de pétrolier en mer du Nord, c'est précisément ce silence — capturé dans des enregistrements audio — qui a aidé à tisser un récit d'inaction et de devoir non accompli. Tout comme le calme d'une tempête qui précède le tonnerre, le silence sur le pont est devenu l'un des éléments de preuve les plus convaincants devant le tribunal.
Le 10 mars 2025, le cargo Solong a heurté le pétrolier ancré Stena Immaculate au large de la côte du nord-est de l'Angleterre, enflammant du carburant et tuant tragiquement un membre d'équipage, le Philippin Mark Angelo Pernia. Le procès qui a suivi au Old Bailey de Londres s'est concentré non seulement sur les décisions de navigation mais aussi sur le silence du capitaine dans les moments précédant la collision.
Les procureurs ont présenté une combinaison d'informations du enregistreur de données de voyage — l'équivalent maritime d'une "boîte noire" — des images de vidéosurveillance, des témoignages de témoins, et surtout, des enregistrements audio du pont du Solong. Les enregistrements audio diffusés aux jurés ont révélé plus que de simples sons ; ils ont révélé une absence de réponse. Pendant plus de 30 minutes alors que le Solong était sur une trajectoire de collision, il n'y avait aucune indication d'alarme, d'avertissement ou de dialogue de navigation, même lorsque le pétrolier apparaissait de plus en plus proche sur le radar.
Par moments, l'audio capturait des conversations décontractées et même une sonnerie de chanson folklorique — des marqueurs humains de routine — pour ensuite sombrer dans un silence feutré à mesure que le danger devenait imminent. Alors que le Solong s'approchait du pétrolier stationnaire, aucune communication d'urgence n'a été faite, et la réaction audible était minimale, culminant dans le son soudain et choquant de l'impact qui résonnait à travers l'enregistrement.
En revanche, l'audio du pont du Stena Immaculate après la collision était rempli de réponses humaines immédiates et urgentes — alarmes, appels à l'équipage, efforts pour gérer les conséquences. Ce contraste entre silence et activité a aidé les procureurs à peindre un portrait d'inaction à la barre.
Le silence n'était pas simplement abstrait ; il est devenu une absence mesurée de devoir. Motin avait été le seul gardien de la navigation, responsable de voir et de réagir. Au lieu de cela, pendant des minutes critiques, aucune réponse significative au danger imminent n'a été entendue. Les jurés ont également appris que le capitaine avait désactivé les systèmes d'avertissement conçus pour assurer l'alerte sur le pont, approfondissant encore l'impression de mépris pour les protocoles de sécurité de base.
Cette preuve audio, associée à des données de navigation montrant aucune modification de cap, a contribué à obtenir un verdict de culpabilité pour homicide involontaire par négligence grave. Cela a souligné les profondes responsabilités du commandement en mer — où le silence peut parfois révéler plus que la parole.
Un jury au Old Bailey a déclaré le capitaine Vladimir Motin coupable d'homicide involontaire par négligence grave en lien avec la collision en mer du Nord. La preuve audio — en particulier le silence prolongé sur le pont du Solong avant la collision — faisait partie des facteurs que les jurés ont pris en compte pour rendre leur verdict. Bien que l'affaire mette en lumière les garanties technologiques et procédurales dans la navigation maritime, elle sert également de rappel sobre que la vigilance et l'action rapide restent essentielles à tout moment pour ceux qui sont chargés de la sécurité des vies en mer.
Avertissement sur les images AI « Les visuels sont créés avec des outils d'IA et ne sont pas de vraies photographies. »
Sources • AP News • Reuters • The Guardian • Financial Times • The Independent

