À Mascate, les jours s'écoulent avec une grâce nonchalante. La mer le long de la corniche scintille sans urgence, et les bâtiments pâles de la ville semblent conçus pour absorber la chaleur, le son et la tension. C'est un endroit habitué à écouter, et une fois de plus, il est devenu le cadre de conversations façonnées autant par ce qui ne pouvait pas être dit que par ce qui était soigneusement mis sur la table.
L'Iran et les États-Unis ont tenu un nouveau tour de discussions nucléaires à Oman, revenant à un canal qui existe depuis longtemps comme une alternative silencieuse à la confrontation. Les discussions se sont déroulées sur fond plus sombre que par le passé, le risque de conflit direct n'étant plus abstrait. Les flambées régionales, la rhétorique aiguisée et les différends non résolus ont réduit la marge d'erreur, conférant aux réunions un sentiment d'urgence sous leur ton retenu.
Comme auparavant, les négociations étaient indirectes, avec des responsables omanais transmettant des messages entre les deux parties. Les questions centrales restent familières et non résolues : les activités nucléaires croissantes de l'Iran, le niveau d'enrichissement qui continue d'inquiéter les gouvernements occidentaux, et les sanctions qui ont lourdement pesé sur l'économie iranienne. Les États-Unis ont réitéré leur demande de limites vérifiables et de transparence, tandis que l'Iran a souligné son droit au développement nucléaire pacifique et la nécessité d'un allègement économique tangible.
Ce qui distingue ce moment n'est pas la nouveauté, mais la proximité — tant de l'escalade que de l'épuisement. Le programme nucléaire de l'Iran a avancé au-delà des limites fixées par l'accord de 2015, que les États-Unis ont abandonné en 2018. Depuis lors, les tentatives de relancer l'accord ont échoué, laissant la diplomatie en morceaux. Les discussions à Oman ne sont pas présentées comme un retour à cet accord, mais comme un effort pour prévenir une détérioration supplémentaire, pour ralentir une dynamique qui semble de plus en plus difficile à inverser.
Les responsables des deux côtés ont décrit les discussions comme sérieuses, bien que prudentes, sans percée annoncée. Le langage était délibéré, signalant une continuité plutôt qu'une résolution. Dans ce contexte, l'acte même de se rencontrer porte un sens. Le dialogue, même lorsqu'il est contraint, sert de contrepoids à la logique de la force, offrant du temps — quelque chose de plus en plus rare dans la région.
Alors que les délégations quittaient, Mascate a repris son rythme régulier. Les portes se sont fermées, les messages livrés, la mer inchangée. Où en sont les négociations n'est ni plein d'espoir ni désespéré, mais suspendu. Les discussions se poursuivent, les menaces persistent, et la distance entre la diplomatie et le conflit reste mesurée par des choix qui restent à faire. Pour l'instant, la conversation se maintient, fragile mais intacte, dans un endroit qui comprend la valeur du silence autant que celle de la parole.
Avertissement sur les images générées par IA Les illustrations sont générées par IA et servent de représentations conceptuelles.
Sources Reuters Associated Press BBC News Al Jazeera The New York Times

