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En l'absence de moteurs, l'histoire parle plus fort : le 9 mai à Moscou et le poids de l'omission

Le défilé de la fête de la victoire du 9 mai en Russie exclura pour la première fois depuis 1945 le matériel militaire, déplaçant l'accent de l'affichage de la puissance vers le souvenir cérémoniel.

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Vandesar

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En l'absence de moteurs, l'histoire parle plus fort : le 9 mai à Moscou et le poids de l'omission

La Place Rouge en mai a son propre type de météo.

Non seulement l'air printanier qui flotte entre les tours du Kremlin, ou la lumière pâle qui se pose sur les pavés usés par des siècles de pas, mais aussi le poids invisible de la répétition—des cérémonies revenant chaque année comme un souvenir répété jusqu'à ce qu'il devienne partie intégrante de l'architecture de la ville.

Les drapeaux se lèvent. Les foules se rassemblent. Le passé est invité à marcher à nouveau à travers le présent.

Mais cette année, quelque chose d'attendu ne s'est pas présenté.

Le bruit des moteurs.

Pour la première fois depuis 1945, le défilé de la fête de la victoire de la Russie le 9 mai devrait se dérouler sans matériel militaire roulant sur la Place Rouge, marquant un départ frappant d'un des éléments visuellement emblématiques de la commémoration annuelle de la victoire de l'Union soviétique sur l'Allemagne nazie.

Au lieu de colonnes de chars, de systèmes de missiles et de véhicules blindés, le défilé se concentrera sur des troupes à pied, des unités cérémonielles et le souvenir historique.

L'absence elle-même est devenue le sujet d'attention.

À Moscou, où le défilé a longtemps été une démonstration soigneusement chorégraphiée de la force nationale, la présence de machines a historiquement servi à la fois de commémoration et de projection. Les chars n'ont pas seulement honoré le passé, mais ont également suggéré une continuité avec le présent—une ligne ininterrompue de capacité militaire s'étendant de la Seconde Guerre mondiale aux conflits modernes.

Cette année, ce langage visuel change.

Les responsables n'ont pas offert d'explication publique détaillée pour la suppression du matériel du défilé, mais la décision arrive dans une période marquée par des engagements militaires en cours et un examen international lié à la guerre de la Russie en Ukraine. Ces dernières années, les préoccupations en matière de sécurité ont également façonné la manière dont les événements publics sont organisés, y compris des restrictions sur les affichages à grande échelle dans le centre de Moscou.

Pourtant, même sans cadre officiel, le changement est lisible dans son absence.

Le jour de la victoire reste l'une des fêtes nationales les plus significatives de la Russie, commémorant les 27 millions de vies soviétiques perdues pendant la Seconde Guerre mondiale. À travers les générations, il a fonctionné à la fois comme un deuil et une affirmation, mêlant chagrin et identité nationale dans un seul rythme cérémoniel.

Chaque année, le 9 mai, des vétérans—de moins en moins nombreux avec le temps—sont assis en vue alors que des soldats défilent devant eux. Les familles tiennent des portraits d'ancêtres perdus dans la guerre. Les processions du « Régiment immortel », où des citoyens portent des photographies de parents ayant vécu la guerre, sont devenues une caractéristique familière dans les villes à travers la Russie.

Mais l'élément visuel le plus dominant a toujours été le défilé militaire lui-même.

L'absence de véhicules blindés cette année modifie subtilement cet équilibre entre mémoire et affichage. Ce qui reste est à l'échelle humaine : des bottes sur la pierre, des voix en formation, le rythme de la marche qui résonne plus doucement que les machines.

Les observateurs notent que ce changement modifie non seulement le spectacle, mais aussi le ton.

Sans le poids de l'acier se déplaçant à travers la place, l'attention se tourne plus directement vers le langage symbolique de la cérémonie elle-même—drapeaux, uniformes, références historiques, et discours qui encadrent le passé à la fois comme héritage et responsabilité.

Dans les années où des chars ont traversé la place, le défilé a souvent été interprété à l'étranger comme une projection de la puissance militaire contemporaine. En leur absence, l'accent penche plus lourdement vers la commémoration, bien que la résonance historique demeure inchangée.

Pour les habitants de Moscou et les visiteurs, l'expérience du 9 mai est également profondément sensorielle.

L'odeur de la pluie printanière sur la pierre. Le son lointain des répétitions résonnant à travers des rues fermées. Le lent rassemblement de personnes le long des quais. Même avant le début du défilé, la ville semble brièvement suspendue entre les époques.

Cette année, cette suspension peut sembler plus silencieuse.

Mais le silence ne signifie pas nécessairement absence de signification.

En fait, dans les espaces cérémoniels, le silence peut être aussi délibéré que le son.

Alors que la Russie se prépare pour le défilé à venir, les responsables ont souligné la continuité de la tradition et le souvenir du sacrifice en temps de guerre. L'accent reste mis sur l'honneur de ceux qui ont combattu dans ce que les Russes appellent la Grande Guerre patriotique, un récit fondateur de l'identité moderne du pays.

Et pourtant, la décision de retirer le matériel militaire de la procession marque une rupture visuelle avec près de huit décennies de précédent.

C'est un rappel que même les rituels les plus établis ne sont pas fixes.

Ils peuvent changer, subtilement, sous les pressions du temps, de la politique et des circonstances.

Lorsque le 9 mai arrivera, la Place Rouge sera toujours remplie de formation et de rituel. Les murs du Kremlin seront toujours là en arrière-plan. La foule se rassemblera toujours sous la lumière printanière.

Mais là où il y aurait pu y avoir autrefois le lourd rythme des moteurs passant sur la pierre, il y aura plutôt de l'air libre—transportant le son différemment, laissant les échos se poser plus rapidement, permettant à l'échelle humaine de la cérémonie de prendre sa place au centre.

Parfois, l'histoire est rappelée à travers ce qui est affiché.

Et parfois, tout aussi clairement, à travers ce qui ne l'est pas.

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