Le matin s'installe doucement sur Hanoi, l'air lourd de chaleur et le rythme patient du trafic. La ville bouge comme elle le fait toujours : des vendeurs arrangeant des fruits, des drapeaux reposant contre des bâtiments pâles, le fleuve Rouge portant ses lentes réflexions. Et pourtant, sous la surface ordinaire de la journée, un type de mouvement plus silencieux semble être en cours.
Un document militaire interne vietnamien, récemment diffusé parmi les analystes, suggère que les planificateurs de la défense modélisent des scénarios impliquant un potentiel conflit armé avec les États-Unis. Le matériel n'annonce pas d'intentions ou de prédictions. Au lieu de cela, il se lit comme une préparation : des esquisses de préparation des forces, de continuité logistique et de coordination de la défense civile, écrites dans le langage de la contingence plutôt que de l'alarme.
La doctrine militaire du Vietnam a longtemps été façonnée par la mémoire. Les guerres ne sont pas des abstractions ici ; elles sont des chapitres gravés dans les histoires familiales et la géographie urbaine. La planification pour des scénarios catastrophiques est restée une caractéristique constante de la politique de défense nationale, même si les liens diplomatiques avec Washington se sont approfondis au cours des dernières décennies. Les exercices, évaluations et conflits hypothétiques sont considérés comme des obligations professionnelles plutôt que comme des signaux politiques.
Le document reflète apparemment cette tradition. Il met l'accent sur une posture défensive, la protection territoriale et la sauvegarde des infrastructures. Il n'y a aucune indication de confrontation imminente, ni de langage qui cadre les États-Unis comme un ennemi actif. Au lieu de cela, il situe un conflit américain hypothétique parmi d'autres contingences à fort impact — des événements considérés comme peu probables mais suffisamment conséquents pour justifier une préparation.
Cette approche reflète la position stratégique plus large du Vietnam. Le pays a élargi sa coopération en matière de sécurité avec plusieurs puissances tout en évitant les alliances militaires formelles. Ses dirigeants décrivent fréquemment la politique étrangère comme équilibrée et autonome, ancrée dans la dissuasion et la diplomatie plutôt que dans l'alignement. Se préparer à un conflit, dans ce contexte, devient une méthode de préservation de la paix plutôt que d'anticipation de la guerre.
Les observateurs notent que cette planification n'est pas inhabituelle pour les armées opérant dans des régions façonnées par la concurrence entre grandes puissances. Alors que les tensions augmentent ailleurs dans l'Indo-Pacifique, les institutions de défense à travers la région réévaluent les vulnérabilités, les chaînes d'approvisionnement et la résilience du commandement. Des documents comme celui-ci émergent souvent non pas parce qu'une décision a été prise, mais parce que l'incertitude elle-même exige une répétition.
En fin d'après-midi, les rues se remplissent à nouveau. Les cafés bourdonnent, les motos tracent des chemins familiers, et la ville expire dans la soirée. Le document, pour tout son poids, reste du papier — un exercice interne de prudence. Ce qu'il révèle finalement est moins un conflit imminent et plus un pays déterminé à ne pas être pris au dépourvu, même par des possibilités qu'il espère ne jamais voir arriver.
Avertissement sur les images AI Les illustrations sont générées par IA et destinées à des visuels conceptuels plutôt qu'à de vraies photographies.
Sources Ministère vietnamien de la Défense nationale Reuters Associated Press Institut international d'études stratégiques Institut Lowy.

