Le chancelier allemand Friedrich Merz entreprend un voyage décisif de trois jours dans les États du Golfe, ciblant l'Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats Arabes Unis. Cette visite, qui se déroule en seulement 72 heures, vise à établir de nouveaux partenariats stratégiques alors que l'Allemagne cherche à naviguer dans sa dépendance croissante aux États-Unis pour le gaz naturel liquéfié (GNL).
Le contexte de la visite de Merz est la relation toujours fragile avec les États-Unis, illustrée par un changement significatif dans la stratégie énergétique de l'Allemagne suite aux tensions résultant de l'agression de la Russie envers l'Ukraine. L'UE a considérablement réduit sa dépendance aux approvisionnements énergétiques russes, l'Allemagne se fournissant désormais à environ 94 % de ses importations de GNL aux États-Unis. Cette dépendance soulève des inquiétudes concernant le levier géopolitique et les vulnérabilités potentielles d'approvisionnement.
Les experts en énergie avertissent que ce niveau élevé de dépendance pourrait exposer l'Allemagne à des risques de chantage géopolitique. Comme l'a souligné Susanne Nies du Helmholtz-Zentrum Berlin, il est crucial pour l'Allemagne de diversifier ses sources, suggérant des alternatives comme le gaz par pipeline en provenance de Norvège ou le GNL du Canada et d'Australie.
Les discussions de Merz s'étendront au-delà de l'énergie pour inclure la coopération en matière de défense, reflétant une approche multifacette de la diplomatie dans la région. Avec les tensions persistantes liées à la relation entre les États-Unis et l'Iran et les préoccupations concernant les engagements militaires américains, sécuriser des liens de défense devient une priorité. Des rapports indiquent que les États du Golfe montrent un intérêt pour des acquisitions comme l'avion de transport militaire Airbus A400M.
Ce pivot stratégique souligne également la volonté de l'Allemagne d'adapter ses politiques d'importation d'énergie. Historiquement, les États du Golfe ont fourni du pétrole et, plus récemment, du GNL. Alors que la demande d'énergie augmente en Europe, l'administration de Merz reconnaît la nécessité de partenariats à long terme avec des pays exportateurs d'énergie traditionnels au Moyen-Orient.
Accompagnant Merz se trouve une importante délégation d'affaires, visant non seulement à négocier des accords énergétiques mais aussi à explorer des marchés d'exportation pour les industries allemandes. Cependant, cette stratégie ne se fait pas sans critiques ; l'attention des médias se concentre sur la question de savoir si Merz abordera les problèmes de droits de l'homme prévalents dans ces régimes du Golfe, notamment à la lumière des réformes en cours dans des pays comme l'Arabie Saoudite.
En résumé, la visite de Merz dans le Golfe est une étape cruciale dans l'effort de l'Allemagne pour réduire sa dépendance énergétique aux États-Unis tout en renforçant simultanément les liens de défense et économiques avec des partenaires clés dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

