Le matin s'installe doucement sur Addis-Abeba, l'air frais et léger, la ville avançant à un rythme délibéré alors que des cortèges motorisés suivent des itinéraires familiers vers des halls aux façades de verre et des entrées gardées. Les drapeaux flottent et tombent dans la brise des hauts plateaux, leurs couleurs vives se détachant sur un ciel pâle. Dans ces heures tranquilles avant que les discours ne se figent en déclarations, l'Union africaine se rassemble comme elle le fait souvent—moins comme un spectacle que comme un rythme, une pause récurrente où le continent se regarde lui-même.
Parmi les délégations arrivantes se trouvait le vice-président du Nigéria, Kashim Shettima, assistant au 39e sommet de l'Union africaine au nom de son pays. Sa présence a intégré le Nigéria dans une conversation plus large déjà en cours, façonnée par des questions de sécurité, de développement et le travail constant de coopération continentale qui ne s'annonce que rarement bruyamment.
À l'intérieur des halls du sommet, le leadership a été transféré avec une calme cérémonial. Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a assumé la présidence tournante de l'Union africaine, prenant un rôle défini autant par le symbolisme que par la coordination. Le transfert a marqué la continuité plutôt que la rupture, un rappel que la force de l'institution réside souvent dans sa prévisibilité—le lent changement de rôles qui permet à chaque nation, quelle que soit sa taille, un moment au centre.
Les discussions au sommet se sont déroulées sur fond de défis persistants. Des conflits bouillonnent dans certaines parties du continent, les économies sont sous pression mondiale, et les modèles climatiques réécrivent de vieilles hypothèses sur la terre et les moyens de subsistance. Pourtant, le langage de la réunion est resté mesuré, axé sur la responsabilité partagée et les cadres collectifs plutôt que sur des solutions uniques. Les délégués ont parlé d'intégration, d'initiatives de paix et de résilience économique, leurs mots se superposant à des années de conversations similaires, chacune ajoutant un poids incrémental.
Pour le Nigéria, la présence de Shettima signalait un engagement envers cet arc long. Le pays reste une voix pivot au sein de l'Union, équilibrant souvent des complexités domestiques avec des attentes continentales. La participation au sommet a offert une réaffirmation de ce rôle, moins par la déclaration que par la présence—être là, écouter et s'aligner sur l'agenda partagé défini dans les communiqués et les échanges à huis clos.
Au fur et à mesure que le sommet avançait, Addis-Abeba revenait chaque soir à ses sons ordinaires : le trafic s'apaisant, les cafés se remplissant, les lumières se répandant sur les collines. La transition formelle de la présidence s'est conclue sans drame, enregistrée dans les archives et mémorisée dans des photographies. Ce qui reste, c'est le travail plus silencieux à venir, guidé maintenant par la direction du Burundi et façonné par la volonté collective de ses membres.
Lorsque les délégations partiront, les drapeaux seront abaissés et les halls se videront, mais les décisions—à la fois exprimées et implicites—voyageront avec elles. En ce sens, le sommet est moins un événement qu'un moment d'alignement, bref et délibéré, avant que le continent ne reprenne son mouvement en avant.
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Sources Union africaine Reuters BBC News Associated Press Al Jazeera

