Les canaux diplomatiques entre l'Iran et l'Occident sont à nouveau définis par des signaux prudents et des conditions fermes, alors que les deux parties testent si les tensions nucléaires de longue date peuvent évoluer vers la négociation plutôt que l'escalade. Le dernier message de Téhéran reflète cet équilibre : une volonté d'ajuster son programme nucléaire, mais uniquement si la pression économique est levée en retour.
Des responsables iraniens ont indiqué que le pays pourrait diluer son stock d'uranium enrichi à 60 % de pureté si toutes les sanctions financières et économiques étaient complètement levées. Cette déclaration intervient alors que des contacts indirects et des discussions médiées se poursuivent, avec des intermédiaires régionaux jouant un rôle dans le maintien du dialogue.
L'uranium enrichi à ce niveau dépasse largement les limites fixées par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, et est considéré comme proche du niveau d'armement, bien que l'Iran ait constamment soutenu que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques. Les gouvernements occidentaux, dirigés par les États-Unis, considèrent l'accumulation de matériel hautement enrichi comme une préoccupation majeure en matière de prolifération et ont appelé à des réductions significatives ou à la suppression des stocks.
La dilution abaisserait le niveau d'enrichissement en mélangeant le matériau avec de l'uranium de qualité inférieure, réduisant ainsi sa sensibilité militaire potentielle. Cependant, Téhéran a clairement indiqué qu'une telle étape dépendrait entièrement d'une action réciproque—en particulier, la levée complète des sanctions qui pèsent lourdement sur son économie depuis des années.
La position reflète la tension centrale qui a défini la diplomatie nucléaire pendant plus d'une décennie. Washington et ses alliés ont cherché des limites concrètes aux activités nucléaires de l'Iran avant d'offrir un large allègement économique. L'Iran, à son tour, soutient que les accords précédents n'ont pas réussi à apporter des bénéfices économiques durables et insiste sur le fait que la levée des sanctions doit venir en premier ou au moins être garantie.
Des contacts récents, y compris des discussions médiées à Oman, suggèrent que les deux parties restent ouvertes à un engagement continu malgré une méfiance profonde. Les responsables iraniens ont souligné la nécessité de ce qu'ils décrivent comme des négociations "équilibrées", tandis que les décideurs américains continuent de faire pression pour des étapes mesurables visant à réduire les risques nucléaires.
D'autres problèmes compliquent la voie à suivre. Les gouvernements occidentaux ont signalé leur intérêt à aborder le programme de missiles de l'Iran et ses activités régionales dans un cadre plus large, des domaines que Téhéran a traditionnellement décrits comme non négociables. En même temps, les tensions de sécurité régionales et les pressions politiques dans plusieurs capitales limitent la mesure dans laquelle chaque partie peut avancer sans concessions claires.
Pour l'instant, l'offre conditionnelle de l'Iran semble moins être une percée qu'un échange diplomatique familier—concession liée à contre-concession, flexibilité encadrée par des lignes rouges fermes. Que cette formule puisse produire un nouvel accord reste incertain.
Les semaines à venir détermineront probablement si les derniers signaux mènent à des négociations substantielles ou renforcent simplement le long schéma d'engagement prudent sans résolution. Pour les deux parties, le choix est le même qu'il l'a été pendant des années : compromis soutenu ou impasse continue.

