Le matin arrive de manière inégale dans les capitales africaines. Dans certains endroits, il se lève avec le bourdonnement de la circulation et des débats radiophoniques ; dans d'autres, avec le lent déploiement des marchés sous des affiches de campagne fanées qui ne disparaissent jamais tout à fait. Le pouvoir, comme la météo, s'installe dans des routines. Et les routines, lorsqu'elles ne sont pas examinées, peuvent commencer à façonner les résultats avant qu'un seul vote ne soit exprimé.
C'est cette façon discrète de façonner que Don a identifiée comme la menace la plus persistante à la vie démocratique du continent : l'abus de l'incumbence. L'inquiétude n'est pas nouvelle, mais elle a pris une définition plus précise à mesure que les élections se multiplient dans la région. Les titulaires de charge, soutient Don, portent souvent dans la saison électorale tout le poids de l'État : accès aux fonds publics, commande de l'attention médiatique, influence sur les forces de sécurité, et l'autorité subtile qui vient avec le bureau lui-même. Aucun de ces avantages ne se manifeste bruyamment ; ils inclinent simplement le terrain.
Au cours des récents cycles électoraux, les observateurs ont noté des schémas qui se répètent avec une familiarité lassante. Des véhicules de l'État apparaissent lors des rassemblements, les diffuseurs publics brouillent la ligne entre gouvernance et campagne, et les décisions administratives arrivent avec un timing électoral qui semble moins que coïncidentel. Pendant ce temps, les partis d'opposition évoluent dans des corridors de plus en plus étroits : ressources limitées, permis restreints, et une négociation constante avec des règles appliquées de manière inégale.
L'avertissement de Don ne repose pas sur des affirmations dramatiques de bulletins volés ou de résultats annulés. Au lieu de cela, il persiste dans les espaces avant le jour des élections, où l'équité est décidée bien avant l'ouverture des bureaux de vote. Lorsque l'incumbence devient un bouclier plutôt qu'une responsabilité, la compétition devient symbolique, et la participation commence à sembler cérémonielle plutôt que conséquente.
Les implications se propagent. Les électeurs, sentant un déséquilibre, peuvent se désengager ou se résigner à des résultats qui semblent écrits à l'avance. Les institutions, chargées d'arbitrer les concours tout en rendant compte aux dirigeants en place, sont tiraillées par des loyautés conflictuelles. Même des élections pacifiques peuvent laisser derrière elles un résidu de doute, une question flottant dans l'air sur la présence réelle du choix.
Pourtant, le tableau n'est pas uniforme. À travers l'Afrique, des réformes ont émergé : des limites de mandat défendues par les tribunaux, des commissions électorales renforcées, des groupes civiques formés pour observer et documenter. Ces efforts suggèrent une compréhension que la démocratie ne consiste pas seulement à remplacer des dirigeants, mais à niveler le terrain sur lequel le remplacement devient possible.
Alors qu'une nouvelle saison d'élections approche dans divers coins du continent, l'observation de Don se lit moins comme une accusation que comme un rappel. La démocratie ne s'effondre que rarement d'un seul coup. Plus souvent, elle s'amincit progressivement, usée par des avantages qui s'accumulent discrètement entre des mains familières.
En fin de compte, le plus grand test peut ne pas être la manière dont les dirigeants gagnent, mais comment ils gouvernent l'espace entre les campagnes—si le pouvoir est exercé avec légèreté, ou s'il est laissé s'installer si profondément dans le bureau qu'il redéfinit le sens même du choix.
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Sources Reuters Union Africaine Institut International pour la Démocratie et l'Assistance Électorale BBC News Al Jazeera

