Paris en hiver porte une tranquillité particulière. La ville se déplace plus lentement sous des cieux bas, ses bureaux se réchauffant de l'intérieur tandis que les rues retiennent leur souffle. C'est dans ce rythme silencieux que les enquêteurs sont arrivés, franchissant les portes des bureaux français de X dans le cadre d'une enquête qui se déroule en grande partie hors de la vue du public.
Les perquisitions n'étaient ni soudaines ni théâtrales. Elles appartiennent plutôt à une enquête plus longue menée par les procureurs parisiens sur la circulation d'images d'abus sexuels d'enfants et la propagation de deepfakes sexuellement explicites sur la plateforme. Les espaces numériques, autrefois imaginés comme légers et éphémères, sont devenus des lieux où le préjudice s'installe et se multiplie, laissant aux autorités le soin de retracer la responsabilité à travers des lignes de code et des systèmes de modération.
L'enquête a commencé des mois plus tôt, se concentrant sur la manière dont certaines formes de contenu illégal étaient détectées, signalées ou autorisées à persister. Au centre se trouvent des questions sur les processus internes de la plateforme : comment fonctionnent les outils automatisés, comment les décisions de modération sont prises et comment les technologies émergentes capables de générer des images synthétiques sont gérées une fois mises en circulation. Les perquisitions visaient à rassembler des documents et du matériel technique qui pourraient clarifier ces mécanismes.
Les personnes impliquées n'ont pas été formellement accusées. L'enquête reste préliminaire, procédurale et méthodique, façonnée par le cadre de la cybercriminalité en France et soutenue par la coopération avec les autorités européennes. Des représentants de l'entreprise ont déclaré qu'ils collaboraient avec les enquêteurs et ont souligné les efforts existants pour supprimer le contenu illégal, en insistant sur le fait que la plateforme ne tolère pas les abus ou l'exploitation.
Pourtant, ce moment porte une résonance plus large. L'essor de la technologie deepfake a brouillé les distinctions entre le réel et le fabriqué, rendant le préjudice plus facile à reproduire et plus difficile à contenir. Les images peuvent être générées sans témoins, distribuées sans frontières, et effacées seulement après avoir déjà altéré des vies. Ce qui nécessitait autrefois la proximité nécessite maintenant seulement l'accès.
Alors que la journée passait et que les bureaux retrouvaient leur bourdonnement ordinaire, Paris restait inchangé en surface. Les cafés rouvraient leurs portes. Les trains traversaient la rivière. Mais sous ce mouvement familier, une autre question persistait — non seulement sur une entreprise, mais sur la responsabilité évolutive des espaces numériques à une époque où la création a dépassé le contrôle, et où la protection doit être réimaginée.
Avertissement sur les images AI
Les illustrations ont été créées à l'aide d'outils d'IA et ne sont pas de vraies photographies.
Sources
Reuters Associated Press The Guardian PBS NewsHour ABC News

