Parfois, la terre parle en chuchotements — un chemin usé à travers un champ, une récolte manquante, un marché silencieux au crépuscule. Dans la vaste tapisserie de la République Démocratique du Congo, ce langage silencieux devient urgent. Là où le sol verdoyant soutenait autrefois des rendements riches et les rires des rassemblements autour des tables, des millions de personnes font maintenant face à l'écho creux des assiettes vides. La terre — et les gens qui y sont si étroitement liés — semblent suspendus entre mémoire et difficultés présentes, pleins d'espoir mais teintés d'anxiété.
Dans l'est du Congo, en particulier autour des grandes villes comme Goma et Bukavu, le rythme de la vie quotidienne a été bouleversé par des changements de pouvoir et un conflit persistant. Le groupe armé M23, qui a pris le contrôle d'un territoire significatif, a du mal à gouverner de manière à atténuer la souffrance. Au lieu de cela, en bloquant les agriculteurs de cultiver leurs champs, en perturbant les marchés et en restreignant les importations alimentaires, les gens disent que les produits sont laissés à se gâter et que les fournitures atteignent rarement ceux qui en ont le plus besoin. Les étagères sont vides, et les prix des denrées alimentaires de base — des céréales aux légumes — ont grimpé au-delà des moyens de nombreuses familles.
Pour ceux qui travaillaient autrefois dans des fermes fertiles ou commerçaient dans des marchés animés, le calme actuel peut sembler une absence qui pèse sur les os. Certains résidents sont contraints de vendre des vêtements et des objets personnels juste pour se permettre de la nourriture de base, un signe poignant de la profondeur de la crise dans la vie quotidienne. Les routes qui transportaient autrefois des marchandises librement pulsent maintenant d'incertitude, alors que des points de contrôle et des conflits compliquent le passage des fournitures alimentaires.
À travers le pays, une ombre beaucoup plus large et profondément inquiétante plane : des millions de Congolais devraient faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir. Selon les agences alimentaires des Nations Unies, près de 26,6 millions de personnes devraient se retrouver confrontées à des niveaux de crise ou d'urgence en matière d'insécurité alimentaire d'ici début 2026 — y compris 3,9 millions en danger immédiat de faim critique. Ce chiffre stupéfiant souligne à quel point les luttes pour la subsistance et la stabilité sont devenues entrelacées.
Les enfants, en particulier, portent une part lourde de ce fardeau. Les dernières données de Save the Children estiment qu'environ 14 millions d'enfants — soit environ un sur cinq — seront confrontés à des niveaux de faim de crise pendant la même période, avec plus de 2 millions d'entre eux faisant face à des niveaux d'urgence de malnutrition aiguë pouvant avoir des conséquences à vie.
Ce n'est pas un défi né uniquement de récoltes absentes ou de marchés poussés à la limite. Il est profondément lié à une tapisserie complexe de conflits de longue date, de déplacements, d'accès limité pour les organisations d'aide et de lacunes dans le financement de la réponse humanitaire. Les groupes d'aide et les observateurs avertissent que sans un accès et un soutien accrus, les mécanismes d'adaptation — autrefois considérés comme temporaires — pourraient se transformer en souffrance à long terme. Déjà, des millions de familles ont épuisé leurs ressources, et beaucoup ont recours à des stratégies négatives juste pour remplir des estomacs vides.
Dans les villages et les villes à travers le Congo, le silence des champs vides et des étals fermés en dit long. Les mères regardent leurs enfants attendre un peu plus longtemps aux heures de repas, les aînés se remémorent des saisons d'abondance, et les voisins partagent ce qu'ils peuvent. Dans cette pause collective entre le passé et l'avenir, il reste un courant profond de résilience — mais aussi un appel urgent à l'engagement de l'intérieur du pays et au-delà.
Alors que la communauté internationale et les acteurs locaux naviguent sur la manière de répondre, les progrès dépendront d'un accès humanitaire sûr, d'un financement robuste et de la livraison soutenue de soutien alimentaire et nutritionnel. Pour l'instant, la situation sur le terrain reste stark : là où un sol fertile promettait récolte et célébration, aujourd'hui la terre reflète un défi profond que des millions affrontent avec courage et détermination silencieuse.
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Sources : The Wall Street Journal, The EastAfrican, Programme Alimentaire Mondial (PAM), Action Contre la Faim, Save the Children International.

