Le musée national des arts asiatiques du Smithsonian a confirmé ses projets de rapatriement de trois sculptures en bronze significatives en Inde—"Shiva Nataraja", "Somaskanda", et "Saint Sundarar avec Paravai". Ces sculptures illustrent l'exquise maîtrise des artisans en bronze du sud de l'Inde, en particulier des périodes Chola et Vijayanagar.
La décision du musée fait suite à des recherches approfondies sur la provenance qui ont révélé que ces œuvres avaient été retirées illégalement de leurs contextes originaux dans des temples au Tamil Nadu. L'enquête, menée en collaboration avec les Archives photographiques de l'Institut français de Pondichéry, a établi que les bronzes avaient été photographiés dans des environnements de temple entre 1956 et 1959.
Chase F. Robinson, le directeur du musée, a souligné l'engagement de l'institution envers la gestion éthique du patrimoine culturel : "Le retour de ces sculptures, résultat de recherches rigoureuses, montre notre engagement envers une pratique muséale éthique." Le "Shiva Nataraja", datant d'environ 990 de notre ère, doit rester aux États-Unis dans le cadre d'un accord de prêt à long terme, ce qui permettra au musée de mettre en valeur son histoire tout en soulignant les complexités de la propriété et du patrimoine culturel.
Les deux autres bronzes—"Somaskanda", du 12ème siècle, et "Saint Sundarar avec Paravai", du 16ème siècle—seront restitués au gouvernement indien. Le "Shiva Nataraja" appartenait à l'origine au temple Sri Bhava Aushadesvara au Tamil Nadu, où il a été documenté en 1957. Ces bronzes ont été acquis par le musée auprès de diverses sources, des préoccupations étant apparues en raison du manque de documentation appropriée qui accompagnait souvent leur vente.
Historiquement, ces trésors artistiques faisaient partie de processions de temple, mais ils ont été victimes de trafic illégal d'antiquités au milieu du 20ème siècle. Le retour de ces sculptures marque une étape significative dans la prise en compte de l'héritage du patrimoine culturel pillé que de nombreuses institutions sont désormais confrontées.
Le musée travaille en étroite collaboration avec l'ambassade d'Inde pour finaliser les arrangements pour le transfert de ces précieux artefacts, reflétant un engagement plus large envers la transparence et les pratiques éthiques dans les collections muséales. Ce rapatriement s'inscrit dans une tendance où les institutions du monde entier restituent de plus en plus des artefacts culturels pillés ou acquis de manière non éthique à leurs pays d'origine.

