Pendant des années, l'histoire de Tesla s'est déroulée le long des autoroutes et des rues des villes, portée par le bourdonnement silencieux des moteurs électriques et la promesse d'une mobilité plus propre. Ses usines étaient construites autour du mouvement mesuré en miles, de l'accélération et de l'autonomie. Mais dernièrement, ce rythme familier a commencé à changer. L'avenir que Tesla décrit maintenant concerne moins les véhicules se déplaçant sur les routes et davantage des machines apprenant à se mouvoir comme des humains.
Elon Musk a déclaré que l'entreprise prévoit de réduire certaines parties de sa production de véhicules électriques pour se concentrer plus intensément sur les robots humanoïdes. Cette déclaration n'arrive pas comme une rupture soudaine, mais comme un réajustement progressif des priorités. Les voitures électriques restent centrales dans les activités de Tesla, mais elles ne sont plus présentées comme la destination ultime de l'entreprise. Au lieu de cela, elles apparaissent de plus en plus comme une étape vers quelque chose de plus large : l'intelligence artificielle incarnée sous une forme physique.
La logique, du moins telle que Musk la présente, suit un long arc. Les véhicules électriques ont aidé Tesla à maîtriser les batteries, l'électronique de puissance, l'intégration logicielle et l'automatisation à grande échelle. Ces mêmes fondations, soutient-il, sont transférables à la robotique. Un robot humanoïde, dans cette perspective, n'est pas un départ du passé de Tesla mais une extension de celui-ci — une machine alimentée par les mêmes principes, formée par les mêmes réseaux neuronaux, et construite dans les mêmes usines qui privilégiaient autrefois uniquement les voitures.
Ce changement reflète également l'évolution du marché des véhicules électriques lui-même. Alors que la concurrence s'intensifie et que les véhicules électriques deviennent plus courants, le sentiment de disruption singulière qui définissait autrefois Tesla s'est atténué. La croissance n'est plus garantie par la nouveauté. Dans ce contexte, les robots humanoïdes offrent un récit d'ambition renouvelée — une frontière encore largement indéfinie, où les risques sont élevés mais le potentiel d'échelle est vaste.
À l'intérieur des usines de Tesla, les implications sont tangibles. Les lignes de production conçues pour des véhicules haut de gamme sont en cours de réévaluation, de réoutillage ou de suppression, libérant ainsi de la capacité pour le développement de la robotique. L'image est symbolique : des machines qui assemblaient autrefois des voitures pourraient bientôt assembler d'autres machines, conçues non pas pour les routes, mais pour des entrepôts, des usines et, finalement, des environnements quotidiens.
Le scepticisme reste inévitable. Les robots humanoïdes ont longtemps occupé un espace entre la science-fiction et la réalité expérimentale, avec un déploiement pratique s'avérant plus lent et plus difficile que les premières prédictions ne le laissaient entendre. La viabilité commerciale, l'acceptation réglementaire et l'utilité dans le monde réel sont encore des questions ouvertes. Néanmoins, la confiance de Musk reformule l'incertitude comme une caractéristique plutôt qu'un défaut — le coût nécessaire pour tenter quelque chose de transformateur.
En ce moment, Tesla se trouve entre deux identités. L'une est familière, ancrée dans des véhicules qui ont redessiné une industrie. L'autre est encore en formation, façonnée par du code, des capteurs et des membres mécaniques encore non testés par le monde. Reste à voir si l'entreprise peut équilibrer ces deux voies. Ce qui est clair, c'est que l'horizon de Tesla s'étend désormais au-delà de l'asphalte, vers un avenir où l'intelligence elle-même devient le produit.
Avertissement sur l'image IA Cette image a été générée à l'aide de l'intelligence artificielle à des fins illustratives.
Sources Reuters Bloomberg Business Insider

