À la lumière déclinante de Port-au-Prince, les rues racontent des histoires d'effondrement et de fatigue. Les magasins sont fermés ou à moitié remplis des biens de vies interrompues. Les mères serrent leurs enfants contre elles, leurs yeux marqués par des années d'incertitude. Ici, le temps ne mesure plus les jours ou les mois, il mesure la pause entre les peurs et les espoirs.
En ce jour, le 7 février 2026, un chapitre de l'histoire tumultueuse d'Haïti s'est silencieusement fermé. Le Conseil présidentiel transitoire, un organe de neuf membres créé il y a près de deux ans pour guider la nation vers des élections et la stabilité, a vu son mandat expirer. Ce qui devait être un pont vers une gouvernance démocratique est devenu un témoignage de promesses non tenues, de violence croissante et d'incertitude politique.
Le conseil, formé après l'assassinat du président Jovenel Moïse et le tumulte politique qui a suivi, a toujours été un compromis imparfait : un collectif non élu chargé de rétablir la sécurité et de poser les bases d'élections qui n'ont pas eu lieu depuis près d'une décennie. Son mandat a été marqué par un contrôle croissant des gangs sur une grande partie de Port-au-Prince, des allégations de corruption et des conflits internes qui ont entravé même les fonctions de gouvernance les plus basiques.
Maintenant, alors que le conseil se dissout sans organe successeur, Haïti entre dans une nouvelle phase de flou politique. Il n'y a pas de mécanisme clair pour gouverner, pas de mandat électoral pour lier les dirigeants à la volonté du peuple, et aucune garantie que les élections prévues plus tard cette année auront lieu. Pour de nombreux Haïtiens, cette incertitude n'est pas une préoccupation abstraite mais la réalité quotidienne de naviguer dans des rues où des groupes armés dictent le rythme de la vie et où l'autorité institutionnelle n'existe que de nom.
Les efforts pour renforcer la sécurité continuent de manière hésitante. Une mission internationale approuvée par les Nations Unies déploie progressivement du personnel, bien en deçà des niveaux prévus. Des acteurs externes, y compris des pays voisins, ont exercé une influence, appelant à la continuité et à la protection des civils. Pourtant, ces gestes soulignent une vérité plus profonde : la crise d'Haïti concerne autant la gouvernance et la légitimité que le conflit armé.
Dans la nuit qui tombe, les voix de la capitale parlent de fatigue et de résilience dans le même souffle. Elles aspirent à des élections, à la normalité, à une raison de croire que l'arc de leur avenir peut encore se plier vers une vie au-delà de la crise. Mais avec la disparition du conseil et aucune lumière claire devant, ces espoirs se déplacent une fois de plus dans le domaine de l'attente — une attente mesurée par le poids palpable d'une histoire non résolue et la question sans réponse de ce qui vient ensuite.
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Sources
Reuters Associated Press Atlantic Council

