2025 : L'année la plus difficile depuis près d'une décennie En 2025, l'indice du dollar américain (DXY), qui mesure la valeur du dollar par rapport à un panier de principales devises (euro, yen, livre sterling, etc.), a chuté d'environ 9 % sur l'ensemble de l'année. C'était la pire performance annuelle depuis 2017. Plusieurs facteurs ont contribué à cette faiblesse marquée :
Politique monétaire de la Réserve fédérale : La Fed a poursuivi son cycle de baisse des taux plus longtemps que prévu, réduisant l'attractivité des actifs libellés en dollars par rapport aux autres zones monétaires. Incertitude politique et fiscale : Les débats autour de la dette publique américaine (maintenant estimée à plus de 38 trillions de dollars selon certaines estimations), les menaces de tarifs généralisés et les questions sur l'indépendance de la Fed ont érodé la confiance des investisseurs internationaux. Contexte géopolitique : Les tensions au Moyen-Orient (impliquant notamment les États-Unis, Israël et l'Iran) ont initialement entraîné des flux vers le dollar en tant que valeur refuge… avant que les doutes ne reviennent rapidement.
En conséquence, le DXY a atteint des niveaux bas sur plusieurs années, tombant sous le niveau 97 à plusieurs reprises au début de 2026. Où en est le dollar en mars 2026 ? À la mi-mars 2026, l'indice DXY fluctue autour de 99,6–100,2, après un léger rebond par rapport à ses niveaux bas de janvier-février (environ 97–98). Nous sommes donc loin d'un effondrement catastrophique :
Le dollar reste environ 20 % au-dessus de son niveau de référence de janvier 2006. Il a perdu environ 12 % depuis le début de 2025, mais conserve néanmoins une position dominante.
Plus important encore, son statut de principale monnaie de réserve mondiale n'est pas structurellement remis en question. Selon les dernières données disponibles (fin 2025) :
Le dollar représente encore environ 56–57 % des réserves de change officielles mondiales (données COFER du FMI). Il est impliqué dans près de 89 % des transactions sur le marché des changes. Les stablecoins (USDC, USDT, etc.) restent ~99 % libellés en dollars.
Aucun concurrent crédible n'a véritablement émergé : l'euro est stagnant, le yuan reste contraint par les contrôles de capitaux chinois, et les cryptomonnaies alternatives ou les paniers (par exemple, les propositions des BRICS) demeurent marginaux. Pourquoi les gens continuent-ils de parler d'un "effondrement" ? Le terme "effondrement" est souvent utilisé dans deux contextes principaux :
Par les maximalistes de la crypto/or : Peter Schiff, Ray Dalio (dans certaines déclarations récentes) et de nombreux influenceurs Bitcoin prédisent depuis des années la fin imminente du "dollar roi", avec un passage massif vers l'or, l'argent ou le BTC. La forte performance de ces actifs en 2025–2026 alimente ce récit. Par des commentateurs alarmistes : Certains médias et comptes X proclament régulièrement "le dollar s'effondre" dès que le DXY chute de 1–2 % sur quelques semaines.
Pourtant, la grande majorité des analystes institutionnels (Goldman Sachs, Morgan Stanley, ING, Deutsche Bank, TD Economics…) décrivent la situation comme une dépréciation cyclique plutôt qu'un effondrement :
Prévisions consensuelles pour fin 2026 : DXY entre 97 et 100 (nouvelle baisse modérée de 3–5 %). Scénario le plus courant : faiblesse au premier semestre de l'année (poursuite de l'assouplissement de la Fed), suivie d'une stabilisation ou d'un léger rebond au second semestre, soutenue par la croissance américaine (dépenses publiques, IA, secteur de l'énergie).
Conclusion : Pas d'effondrement, mais une période de vulnérabilité accrue Le dollar américain ne s'effondre pas en 2026. Il traverse une phase de faiblesse prononcée — la plus significative depuis une décennie — dans un monde où son "privilège exorbitant" est de plus en plus contesté. Des politiques erratiques, une dette colossale et la montée progressive (bien que toujours lente) de la dé-dollarisation créent des vulnérabilités structurelles qui pourraient s'aggraver si les États-Unis continuent de mal gérer leur avantage extraordinaire. Remplacer le dollar comme pierre angulaire du système financier mondial reste un défi énorme. Pour l'instant, le dollar reste l'option la moins mauvaise dans un monde sans alternative crédible. Les investisseurs, les entreprises et les gouvernements continuent donc de vivre avec un dollar affaibli… mais toujours dominant. Au moins jusqu'à la prochaine grande crise.

