Il existe une sorte de conversation moderne qui ne se déroule pas autour de la table de la mairie, mais dans le défilement silencieux des fils du matin — où des voix étiquetées avec des noms et un petit nom de lieu reconnaissable s'étendent dans les espaces où les gens vivent déjà leur vie quotidienne. À Gisborne, les conseillers de district se retrouvent à naviguer à la fois dans le rythme familier des kōrero en face à face et le rythme rapide des médias sociaux, où les commentaires, les questions et les bavardages communautaires arrivent avec la cadence d'une marée d'après-midi. Les écrans qui brillent dans les poches aux arrêts de bus et sur les tables de cuisine sont devenus un autre moyen pour les membres élus de se retrouver avec leurs électeurs, de partager des idées, d'écouter et de répondre. Ce n'est pas un remplacement du dialogue traditionnel, mais un autre chemin qui serpente à travers le paysage de la vie civique — un chemin qui est parfois fructueux, parfois difficile, et toujours en évolution.
Pour certains conseillers, les médias sociaux sont un sentier bien connu — familier et plein de possibilités. Le conseiller de première année Samuel Gibson, par exemple, apporte des décennies de passion pour l'extérieur et plus de 30 000 abonnés à sa présence en ligne, utilisant des vidéos et des mises à jour régulières pour partager ce que fait le conseil et inviter des retours de personnes qui pourraient ne jamais ouvrir un rapport du conseil ou assister à une réunion. Pour lui, cet engagement numérique est un moyen utile d'intégrer les voix de la communauté dans les conversations du gouvernement local dans un langage qui semble direct et accessible.
D'autres abordent ces plateformes de manière plus prudente. La maire de Gisborne, Rehette Stoltz, reconnaît que les médias sociaux ont augmenté l'interaction dans l'ensemble, mais note que certains des engagements les plus significatifs se produisent encore par e-mail, appels téléphoniques ou réunions en face à face. Elle a constaté que les espaces en ligne peuvent parfois être des sources de désinformation, où les tentatives de corriger des malentendus deviennent rapidement ingérables et sont rejetées par les participants dans le fil de discussion.
La conseillère Debbie Gregory décrit sa propre approche prudente. Au cours de ses six premières années au conseil, elle a largement évité de commenter en ligne après avoir rencontré des expériences négatives, choisissant plutôt d'encourager les gens à la contacter par des canaux plus traditionnels. Pourtant, elle s'implique également dans des groupes communautaires sur des plateformes comme Facebook pour rester informée des problèmes que les résidents discutent, et à l'occasion, elle a répondu à des questions là-bas lorsqu'elle avait des informations claires et précises à partager.
Tous les conseillers ne sont pas des utilisateurs fréquents. Le conseiller de longue date Larry Foster, qui a servi plusieurs mandats depuis 1989, évite principalement les médias sociaux au profit de canaux tels que WhatsApp, que les conseillers utilisent de manière informelle pour faire circuler des informations entre eux. Cela souligne un point plus large : les stratégies d'engagement des conseillers reflètent des préférences personnelles et un confort générationnel avec les outils numériques.
Au-delà des styles individuels, la formation et l'orientation ont joué un rôle dans la façon dont les conseillers utilisent les médias sociaux. Un module d'apprentissage de Local Government New Zealand sur les médias sociaux s'est avéré populaire parmi les membres plus jeunes, offrant des conseils sur la manière d'utiliser ces plateformes de manière constructive et authentique pour engager les communautés. Cela fait partie d'un effort plus large pour aider les membres élus à équilibrer l'immédiateté avec la responsabilité et la civilité en ligne.
Malgré les différences de style et d'utilisation, un fil reste constant : les conseillers s'appuient toujours sur un mélange de méthodes pour interagir avec les résidents. Les médias sociaux sont une extension de la conversation, pas son intégralité. Que ce soit à travers un écran illuminé au crépuscule ou un kōrero autour d'une tasse de thé dans un bureau du conseil, l'essence de l'engagement reste la même — se connecter avec les gens, comprendre leurs préoccupations et essayer d'être présent là où ils se trouvent.
Dans le paysage évolutif de la communication numérique, les conseillers de Gisborne apprennent comment mieux intégrer les plateformes en ligne dans leur travail, conscients à la fois des potentiels et des pièges. Les médias sociaux ont offert un nouveau type de porte virtuelle, qui rencontre de nombreux résidents là où ils se rassemblent déjà. Pourtant, les méthodes anciennes d'écoute — que ce soit par téléphone, e-mail ou kōrero en face à face — continuent d'être valorisées et utilisées. Ce qui émerge de ce mélange n'est pas simplement un nouvel ensemble d'outils, mais une réaffirmation que l'engagement, sous toutes ses formes, reste central au rythme de la démocratie locale.
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Sources : RNZ News NZ Herald News Minimalist

