L'idée est arrivée avec le souffle familier de l'ambition. Un nouveau corps, un Conseil de la paix, imaginé comme une plateforme capable de surmonter les blocages, de contourner la tradition et de redessiner la manière dont les conflits sont résolus. Il a été présenté comme audacieux, correctif et nécessaire — une autre tentative de remplacer ce qui a été décrit comme un ordre international vieillissant par quelque chose de plus tranchant, plus rapide et plus décisif.
Pourtant, la proposition a eu un effet inattendu. Plutôt que d'éclipser les institutions existantes, la vision vaste de l'ancien président Donald Trump pour un Conseil de la paix a suscité une défense renouvelée des Nations Unies, une organisation longtemps critiquée pour sa lenteur, ses compromis ou son obsolescence.
Les diplomates, analystes et défenseurs du multilatéralisme soutiennent que la réaction révèle quelque chose de plus profond qu'une simple résistance à un plan unique. En esquissant une structure alternative qui concentrerait l'autorité entre un petit groupe d'États puissants, la proposition de Trump a aiguisé la prise de conscience de ce que l'ONU, malgré tous ses défauts, représente encore : un forum où les petites nations ont une voix, où le processus tempère le pouvoir, et où la légitimité se construit par la participation plutôt que par décret.
Le soutien aux Nations Unies n'est pas apparu comme de la nostalgie, mais comme un contraste. Les critiques du conseil proposé avertissent que la paix façonnée en dehors des cadres établis risque de devenir une paix imposée plutôt que négociée. Ils soulignent des décennies de diplomatie imparfaite mais persistante, des missions de maintien de la paix qui ont empêché des guerres plus larges, et une coordination humanitaire qu'aucune structure parallèle ne pourrait facilement reproduire.
Le débat arrive à un moment de tension mondiale. Les conflits s'étendent à travers les continents, les alliances semblent fragiles, et la confiance dans les normes internationales s'est amincie. Dans cet environnement, l'attrait d'une autorité décisive est compréhensible. Il en va de même pour la peur que cette décisivité, détachée de règles partagées, puisse approfondir les divisions plutôt que de les résoudre.
Au sein même des Nations Unies, la réponse a été mesurée mais claire. Les responsables et les États membres ont souligné la réforme plutôt que le remplacement, l'adaptation plutôt que l'abandon. Les défenseurs de l'organisation reconnaissent ses lacunes tout en insistant sur le fait que la légitimité, une fois fracturée, est difficile à reconstruire.
Ironiquement, l'ambition de dépasser l'ONU a rappelé à beaucoup pourquoi elle existe. En tentant de rationaliser la paix, la proposition de Trump a ravivé le débat sur qui la définit, qui l'applique, et qui obtient une place lorsque ses termes sont écrits.
Parfois, c'est seulement lorsqu'une institution est remise en question que sa valeur silencieuse redevient visible.

