Dans les vents couleur poussière du Darfour, l'histoire avance souvent comme une tempête lente—visible à l'horizon bien avant qu'elle ne se déchaîne. Pourtant, lorsqu'elle arrive enfin, elle laisse derrière elle un silence si lourd que les mots peinent à s'y poser. La ville d'El Fasher, autrefois refuge pour les déplacés et dernier bastion d'un espoir fragile, est devenue le centre d'une tragédie dont l'ampleur semble presque incompréhensible.
Un rapport récent des Nations Unies décrit trois jours de violence à la fin d'octobre 2025 qui se sont déroulés avec une rapidité et une brutalité surprenantes. En cette courte période, plus de 6 000 personnes ont été tuées alors que les Forces de soutien rapide (RSF) paramilitaires du Soudan et des milices alliées lançaient une offensive finale sur la ville assiégée.
Des témoignages de témoins recueillis à travers le Soudan et le Tchad voisin racontent des scènes d'exécutions de masse, de civils abattus en fuyant, et de familles piégées dans des bâtiments utilisés comme abris de fortune. Selon le rapport de l'ONU, environ 4 400 personnes ont été tuées à l'intérieur de la ville, tandis que plus de 1 600 sont mortes le long des routes d'évasion en tentant de fuir. La violence a suivi un siège de 18 mois qui avait déjà réduit la vie quotidienne à la rareté, à la peur et à l'isolement.
Les récits détaillent des attaques contre des abris, des camps de déplacés et des établissements médicaux—des lieux généralement associés à la sécurité plutôt qu'au danger. Dans un incident, des centaines de personnes cherchant refuge dans un dortoir universitaire ont été tuées lorsque des tirs d'armes lourdes ont frappé le bâtiment. Les rapports décrivent également des exécutions dans des établissements éducatifs et une violence sexuelle généralisée, des enlèvements et des détentions arbitraires.
Les responsables des droits de l'homme de l'ONU ont conclu que les actes documentés lors de l'assaut pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité possibles. Les récits des survivants suggèrent que certaines attaques étaient motivées ethniquement, reflétant des schémas de violence longtemps associés aux dynamiques de conflit de la région du Darfour.
La bataille pour El Fasher fait partie de la guerre civile plus large qui a éclaté en avril 2023 entre les RSF et les forces armées soudanaises, un conflit qui a déplacé des millions de personnes et créé l'une des crises humanitaires les plus graves au monde. Même avant la chute de la ville, les conditions de siège avaient coupé les lignes d'approvisionnement et dévasté les infrastructures civiles, laissant les habitants vulnérables à la famine, aux maladies et aux bombardements continus.
Les responsables des droits de l'homme et les agences humanitaires ont appelé à la responsabilité et à l'action internationale, avertissant que l'impunité risque de perpétuer des cycles de violence. Des appels ont également été lancés pour l'application des embargos sur les armes et une pression diplomatique renouvelée pour protéger les civils et mettre fin à d'autres atrocités.
Pour ceux qui ont survécu, les rues de la ville portent désormais des souvenirs qui ne peuvent être facilement reconstruits. Les marchés, les écoles et les hôpitaux—autrefois des marqueurs de la vie quotidienne—sont devenus des fragments dans des témoignages et des images satellites. La tragédie d'El Fasher ne se dresse pas seulement comme un moment dans une guerre, mais comme un rappel frappant de la rapidité avec laquelle la sécurité humaine peut se désagréger lorsque la protection s'effondre.
Les chiffres peuvent définir l'ampleur de la perte, mais ils ne capturent pas le calme qui suit : des familles à la recherche de proches, des enfants déplacés vers des avenirs incertains, et une région qui attend toujours le retour de la promesse de sécurité. Dans le langage soigné des rapports internationaux et des appels diplomatiques, on entend un écho d'un appel plus profond—que le silence qui suit une telle violence ne doit pas devenir acceptation.
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Sources : Reuters BBC News Al Jazeera The Guardian Associated Press

