La lumière du matin à Pékin a le don d'adoucir les contours. Les tours de verre le long des larges avenues de la ville captent le pâle soleil, reflétant une capitale habituée aux cérémonies et à la chorégraphie. Les visites d'État ici se déroulent souvent avec une symétrie soigneusement orchestrée : des convois glissant devant des murs rouges, des poignées de main encadrées par des drapeaux, des déclarations accordées à l'harmonie.
Mais cette semaine, le ton portait un poids différent.
Friedrich Merz, le leader de l'Allemagne, est arrivé avec un message qui ne suivait pas entièrement le script. S'exprimant lors de réunions conçues pour souligner le partenariat économique, il a délivré un appel direct sur les déséquilibres commerciaux, l'accès au marché et ce que Berlin considère comme des distorsions structurelles affectant l'industrie européenne.
La visite avait été présentée comme une réaffirmation des liens entre la plus grande économie d'Europe et la Chine, deux puissances axées sur l'exportation dont la relation commerciale a longtemps été dense et mutuellement conséquente. Pourtant, sous l'accueil cérémoniel se cachaient des tensions devenues plus visibles ces dernières années. Les responsables allemands ont exprimé des préoccupations concernant la surcapacité dans des secteurs clés tels que les véhicules électriques, l'acier et les technologies renouvelables — des domaines où la production chinoise a explosé, redéfinissant les dynamiques de prix mondiaux.
Merz, dans des remarques prononcées aux côtés des dirigeants chinois et lors de réunions avec des représentants d'entreprises, a souligné la nécessité d'une concurrence équitable et de conditions de marché réciproques. Il a pointé du doigt les barrières persistantes auxquelles sont confrontées les entreprises européennes opérant en Chine, ainsi que le défi plus large d'aligner les flux commerciaux sur les principes de l'Organisation mondiale du commerce. Le langage, par rapport aux normes diplomatiques, était inhabituellement franc.
Le contexte du voyage est un paysage économique en mutation. Le modèle industriel allemand — longtemps ancré dans la fabrication haut de gamme et les exportations vers l'Asie — a subi des pressions dues aux chocs des prix de l'énergie, à la baisse de la demande mondiale et à une concurrence croissante dans la fabrication avancée. La Chine, quant à elle, a élargi sa production soutenue par l'État dans des secteurs stratégiques, suscitant des interrogations non seulement à Berlin mais aussi à Bruxelles et Washington.
Les décideurs européens ont débattu ces derniers mois de mesures allant des enquêtes anti-subventions à de nouveaux tarifs sur certaines importations. Alors que l'Allemagne a traditionnellement favorisé l'engagement et le dialogue, les courants politiques nationaux ont poussé à une défense plus affirmée de la compétitivité industrielle. Le message de Merz à Pékin reflétait cette recalibration : engagement associé à des attentes plus fermes.
Les responsables chinois, pour leur part, ont défendu leurs politiques économiques comme étant conformes aux règles du commerce mondial et ont exhorté leurs partenaires européens à éviter le protectionnisme. Ils ont présenté la coopération — dans la technologie climatique, l'innovation automobile et les chaînes d'approvisionnement — comme essentielle à la stabilité mondiale. La chorégraphie du partenariat reste intacte, même si les courants sous-jacents évoluent.
Pour les dirigeants de l'industrie allemande qui accompagnaient la délégation, les enjeux sont aussi pratiques que politiques. La Chine reste un marché critique pour les exportations automobiles, de machines et de produits chimiques. Pourtant, le calcul est devenu plus complexe, avec des appels à Berlin pour réduire les dépendances stratégiques et diversifier les chaînes d'approvisionnement. Le langage du "dé-risquage", autrefois abstrait, façonne désormais les discussions en salle de conseil.
À la fin de la visite, aucun changement de politique radical n'a été annoncé. Au lieu de cela, les deux parties ont réitéré leurs engagements en faveur du dialogue et de la coopération économique. Mais le ton de l'échange — mesuré mais indéniablement ferme — a marqué un moment de définition.
Dans le calme après les sessions formelles, alors que les délégations se dispersaient et que la ville reprenait son rythme régulier, la réalité plus large est devenue claire. L'Allemagne et la Chine restent profondément entrelacées, leurs économies liées par des années de commerce et d'investissement. Pourtant, l'équilibre de cette relation est sous un nouvel examen. Le message de Merz, délivré au cœur de Pékin, suggérait que le partenariat porte désormais des conditions plus claires — une insistance selon laquelle l'ouverture, pour perdurer, doit aller dans les deux sens.

