Dans la lumière tamisée d'une soirée d'hiver à Zintan, où les collines se plient doucement à l'horizon et la dernière chaleur du jour s'estompe dans la nuit, le temps peut sembler à la fois long et bref. C'est dans une telle immobilité que des moments de rupture arrivent sans cérémonie — petits au début, puis s'élargissant, comme des ondulations traversant l'eau après la chute d'une pierre.
Saif al-Islam Gaddafi n'avait pas été vu dans l'espace public depuis des années, sa présence étant plus un souvenir qu'un événement quotidien. Pourtant, ceux qui connaissaient les longues et complexes conversations de la Libye sur le leadership et l'identité ne pouvaient jamais vraiment effacer son nom des lignes de l'histoire en cours du pays. Fils de Muammar Gaddafi, il portait avec lui les échos d'un passé qui refusait d'être totalement derrière tout Libyen, même alors que la nation cherchait à se réinventer après le tumulte de la révolution et de la lutte civile.
Lors d'une nuit de février, ce paysage tranquille a changé. Des rapports ont émergé selon lesquels Saif al-Islam avait été abattu chez lui à Zintan, à la suite d'une attaque d'hommes armés non identifiés qui avaient, dans les heures précédentes, désactivé les caméras de sécurité de la résidence. Les détails de l'incident — les motifs, les identités des responsables — restent en partie obscurcis, pris entre des dénégations officielles et des appels à l'enquête. Ce qui est reconnu, cependant, c'est la fin d'une vie qui avait été entrelacée avec le chemin tumultueux de son pays.
Il avait cinquante-trois ans, une figure autrefois vue par beaucoup comme l'héritier de son père, et plus tard comme un acteur politique potentiel dans le paysage post-révolutionnaire fracturé et inégal de la Libye. Capturé après le soulèvement de 2011 qui a mis fin au règne de son père, il a passé des années hors de vue avant de revenir dans la sphère politique, annonçant même une candidature à la présidence lors des élections de 2021 qui, en fin de compte, n'ont pas eu lieu. À travers ces tournants, il se tenait à la croisée des espoirs de renouveau de la Libye et de ses longues ombres de division.
Dans des moments de calme sous le ciel ouvert de Zintan, où le vent effleure le sol jeune et vieux à la fois, sa mort fait désormais partie du récit plus large de la recherche continue de stabilité de la Libye. Les autorités ont ouvert des enquêtes, et des voix au sein des conseils politiques du pays ont appelé à la transparence et à la responsabilité alors que l'enquête se déroule.
Dans le silence qui suit de telles nouvelles, les rythmes quotidiens de la Libye — la cadence des marchés, les conversations dans les cafés de quartier, le passage des taxis sur l'asphalte craquelé — continuent sans pause. Pourtant, l'histoire de la dernière nuit de Saif al-Islam Gaddafi, comme une pierre tombée dans l'eau, laisse des ondulations qui s'étendent au-delà du calme de Zintan, touchant des conversations sur l'héritage, le pouvoir et l'avenir d'une nation qui cherche encore son chemin.
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Sources (Noms des médias uniquement)
Reuters Al Jazeera AFP NDTV France 24

