Le 15 février 2026, un nouvel accord commercial annoncé entre les États-Unis et l'Argentine devrait avoir des répercussions significatives sur le partenariat UE-Mercosur, notamment en ce qui concerne les protections des noms alimentaires que l'UE a longtemps défendues. L'accord comprendrait des réductions tarifaires sur les produits agricoles qui pourraient entrer en conflit avec les politiques existantes de l'UE protégeant des noms et normes alimentaires spécifiques.
Les responsables argentins ont déclaré que les réductions tarifaires sur les produits américains s'inscrivent dans des allocations précédemment négociées dans le cadre des exceptions au tarif extérieur commun du Mercosur. Cependant, les diplomates brésiliens ont exprimé des inquiétudes quant au fait que l'accord États-Unis-Argentine dépasse ces limites, affectant potentiellement la cohésion du Mercosur. Selon les règles actuelles, les membres du Mercosur sont limités dans leur capacité à signer des accords commerciaux avec des pays tiers qui pourraient perturber le cadre économique établi du bloc.
Ce dernier développement fait suite à une période de tension au sein du Mercosur, où des priorités divergentes entre les États membres ont soulevé des défis pour des approches commerciales unifiées. L'accord UE-Mercosur, signé récemment, visait à libéraliser le commerce tout en garantissant que les produits entrant dans l'UE respectent des normes de sécurité et de qualité élevées, protégeant ainsi les noms alimentaires traditionnels européens d'être compromis par des importations de moindre qualité.
Les inquiétudes grandissent quant au fait que le nouvel accord États-Unis-Argentine pourrait entraîner un afflux de produits agricoles moins chers, impactant négativement les agriculteurs européens qui dépendent de réglementations strictes pour maintenir la qualité et la part de marché. Avec la diminution progressive des tarifs sur certains biens, tels que la viande bovine et les produits laitiers, les producteurs de l'UE craignent d'être sous-cotés tant sur les marchés locaux qu'étrangers.
Au fur et à mesure que les discussions avancent, il devient évident que l'accord États-Unis-Argentine pourrait inciter à une réévaluation des réglementations internes du Mercosur et des mesures de protection de l'UE. La situation nécessite un équilibre délicat, pour garantir que les accords commerciaux profitent à toutes les parties impliquées sans compromettre les normes et pratiques établies.
Le Brésil, fortement impliqué dans le cadre du Mercosur, devra naviguer ces négociations de manière distincte pour protéger ses intérêts agricoles tout en maintenant des relations avec les États-Unis et l'UE.
Le prochain sommet du Mercosur, prévu pour juin 2026, devrait aborder ces questions et définir une voie pour la coordination des États membres à la lumière des accords bilatéraux émergents qui pourraient perturber les accords intra-bloc établis.

