Le langage diplomatique est souvent calibré, prudent, conçu pour laisser de la place à un retrait. Cette semaine, Pékin a choisi un registre différent. La Chine a vivement condamné le Royaume-Uni après que Londres a annoncé une expansion de son programme de visas pour les résidents de Hong Kong, suite à la condamnation de l'éditeur pro-démocratie Jimmy Lai.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a décrit la décision du Royaume-Uni comme "despicable et répréhensible", accusant Londres d'exploiter une affaire judiciaire pour interférer dans les affaires internes de la Chine. La formulation exceptionnellement franche souligne à quel point l'affaire Jimmy Lai est devenue sensible, non seulement en tant que question juridique mais aussi en tant que symbole dans la lutte plus large pour l'avenir politique de Hong Kong.
Jimmy Lai, fondateur du désormais défunt journal Apple Daily, a été condamné en vertu de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, législation imposée par Pékin après les manifestations de 2019. Pour la Chine, cette affaire représente l'application légale de l'ordre et de la souveraineté. Pour le Royaume-Uni et d'autres gouvernements occidentaux, elle constitue une preuve de la réduction des libertés dans une ville qui avait autrefois promis un haut degré d'autonomie.
En réponse à la condamnation, le gouvernement britannique a annoncé des plans pour élargir l'éligibilité de son chemin de visa existant pour les résidents de Hong Kong, permettant à un plus grand nombre de personnes de s'installer au Royaume-Uni. Les responsables britanniques ont présenté cette décision comme une responsabilité morale et historique, liée aux engagements pris avant la rétrocession de Hong Kong de la domination britannique à la domination chinoise en 1997.
Pékin a rejeté cette justification sans réserve. Les responsables chinois ont déclaré que l'expansion des visas viole le droit international et le principe de non-interférence, avertissant que le Royaume-Uni sape la stabilité de Hong Kong tout en abritant des individus que Pékin décrit comme des criminels. La réponse reflète une frustration croissante à Pékin face à ce qu'elle considère comme des gouvernements occidentaux utilisant la politique d'immigration comme un outil politique.
Le différend ajoute aux relations déjà tendues entre la Chine et le Royaume-Uni, qui ont été marquées par des désaccords sur Hong Kong, les droits de l'homme et les préoccupations en matière de sécurité. Bien que le programme de visas n'affecte pas directement l'économie ou la gouvernance de la Chine, il revêt un poids symbolique, signalant que Londres continue de voir Hong Kong à travers le prisme de la responsabilité internationale plutôt que de la souveraineté fermée.
Pour les résidents de Hong Kong qui regardent depuis les coulisses, cet échange d'accusations offre peu de clarté mais beaucoup de conséquences. Les politiques de visa traduisent des arguments géopolitiques en décisions personnelles : rester, partir ou vivre avec l'incertitude alors que le paysage politique de la ville continue de changer.
Alors que la rhétorique se durcit des deux côtés, la condamnation de Jimmy Lai est devenue plus qu'un verdict judiciaire. Elle se trouve désormais au centre d'une ligne de faille diplomatique plus large, où la loi, la migration et le pouvoir s'entrecroisent - et où le compromis semble de plus en plus lointain.
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Sources Reuters BBC News The Guardian Financial Times Associated Press

