Il y a des moments dans la vie internationale qui ressemblent à des changements de vent — subtils au départ, mais suffisamment puissants pour plier les plus grands arbres et faire hésiter les voyageurs chevronnés. Alors que l'Europe se prépare à se rassembler pour l'un de ses dialogues de défense les plus conséquents, la Conférence de sécurité de Munich, ce même sentiment s'est installé dans les capitales de Lisbonne à Varsovie. Ce qui était autrefois un rythme familier de coopération transatlantique porte désormais un courant sous-jacent d'incertitude, et de nombreux experts affirment que la cause réside dans la posture évolutive des États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
Ces dernières années, l'ordre mondial d'après la Seconde Guerre mondiale — une architecture d'alliances, de traités et de normes partagées soutenue en grande partie par le leadership américain — a été un arrière-plan confortable, bien que imparfait, pour la sécurité européenne. Mais comme le souligne le Rapport de sécurité de Munich 2026, des voix en Europe décrivent désormais cet ordre comme étant sous tension. Ils soutiennent que des changements de politique radicaux et une "politique de démolition transactionnelle" émanant de Washington érodent les cadres qui définissaient autrefois la coopération entre alliés.
Pour de nombreux responsables européens, il ne s'agit pas tant d'une fracture dramatique que de l'effet cumulatif de priorités changeantes. Les opinions en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni suggèrent un sentiment croissant que les garanties familières — de la défense collective à la diplomatie prévisible — ne sont plus aussi fiables qu'elles l'étaient autrefois. Une majorité dans les sondages publiés avec le rapport de Munich affirme craindre que les récentes décisions politiques américaines ne puissent affaiblir plutôt que renforcer l'ordre basé sur des règles qui a émergé après 1945.
Une partie de cette anxiété provient de ce que certains considèrent comme un retrait du "libéralisme international" — une approche qui soutenait autrefois l'OTAN et d'autres arrangements multilatéraux. Le rapport note que l'accent mis par Washington sur le partage des charges et une recalibration des engagements de défense a suscité des discussions sur l'autonomie européenne en matière de sécurité. Dans cette optique, l'ère de la dépendance automatique au leadership américain cède la place à un moment où l'Europe doit envisager comment maintenir ses propres capacités de défense de manière indépendante.
Pourtant, bien que des préoccupations soient exprimées, le dialogue officiel se poursuit. Des représentants américains, y compris une délégation importante dirigée par le secrétaire d'État et des membres du Congrès, assistent à la conférence de Munich avec un objectif déclaré de combler le fossé de confiance et de réaffirmer l'engagement envers l'alliance transatlantique. Wolfgang Ischinger, président de la conférence, a décrit le rassemblement comme une occasion de traiter ce qu'il appelle une "crise de confiance" et de maintenir ouvertes les lignes de coopération entre l'Europe et les États-Unis.
L'atmosphère n'est ni uniformément sombre ni conflictuelle. Au contraire, il existe un sentiment persistant de recalibrage — un dans lequel les anciennes hypothèses sont mises à l'épreuve et de nouvelles responsabilités sont pesées. Les dirigeants européens reconnaissent que l'alliance avec Washington reste vitale même au milieu des débats sur l'accent et la direction. En même temps, il y a une discussion renouvelée sur ce que cela signifie pour l'Europe de partager davantage le fardeau de la défense et d'investir dans ses capacités collectives.
Alors que la Conférence de sécurité de Munich commence, la question qui plane sur les débats n'est pas seulement quelle direction la sécurité occidentale devrait prendre, mais à quel point cette direction reste partagée. Le discours de défense de l'Europe, longtemps façonné par le partenariat avec les États-Unis, lutte désormais avec la réalité que l'ordre mondial des générations passées pourrait ne pas être celui que les générations futures hériteront.
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Sources Reuters The Guardian BBC News Financial Times Al Jazeera

