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Quand la facture rentre à la maison : Comment l'Iran a fait de la dissidence une affaire de famille

La répression en Iran dépasse désormais les manifestants eux-mêmes, imposant des pénalités financières et sociales aux soutiens et aux familles dans ce que les critiques décrivent comme une punition collective.

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Leonard

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Quand la facture rentre à la maison : Comment l'Iran a fait de la dissidence une affaire de famille

La punition n'arrive pas toujours avec des sirènes. Parfois, elle arrive discrètement, glissée dans une lettre officielle, intégrée dans un compte bancaire gelé, ou livrée par un coup à la porte qui se fait trop tôt le matin. À travers l'Iran, longtemps après que les chants se soient estompés des places publiques, les conséquences de la protestation continuent de se répandre, touchant non seulement ceux qui ont défilé, mais aussi ceux qui se tenaient près d'eux, parlaient pour eux, ou refusaient simplement de détourner le regard.

Ces derniers mois, les autorités iraniennes ont élargi leur réponse aux manifestations nationales en ciblant les soutiens et les associés des manifestants. Des mesures autrefois réservées aux participants directs s'étendent désormais aux membres de la famille, aux employeurs et aux voisins. Des comptes ont été saisis, des propriétés confisquées, des entreprises fermées, et des interdictions de voyage imposées. Les responsables présentent ces actions comme une restitution légale pour les dommages causés pendant les troubles. Les critiques, cependant, décrivent une stratégie beaucoup plus large — conçue non seulement pour punir des actes, mais pour dissuader la croyance elle-même.

Les manifestations, déclenchées par des griefs qui se chevauchent allant des difficultés économiques à la répression politique, se sont répandues dans des dizaines de villes et de groupes sociaux. Étudiants, travailleurs, femmes et retraités apparaissaient dans les mêmes rues, liés moins par l'idéologie que par l'épuisement. La réponse de l'État a été rapide et forte, marquée par des arrestations massives et une forte présence sécuritaire. Alors que les manifestations publiques étaient repoussées hors de vue, l'application de la loi s'est déplacée vers l'intérieur, dans les foyers et les dossiers financiers, dans l'architecture intime de la vie quotidienne.

Les organisations de droits de l'homme rapportent que les proches des détenus ont subi des pressions pour payer des amendes ou céder des actifs en échange de peines réduites ou d'informations de base. Dans certains cas, les familles de ceux tués lors des manifestations ont été contraintes de couvrir des frais dits administratifs ou d'inhumation, transformant le chagrin en une épreuve transactionnelle. Ces pratiques, soutiennent les observateurs, brouillent la frontière entre la responsabilité légale et la punition collective, où l'association elle-même devient une responsabilité.

Ce qui émerge est un paysage de peur silencieuse. Le risque n'est plus confiné à la rue ou au slogan. Il persiste dans des conversations tenues trop doucement, dans des messages non envoyés, dans le calcul de savoir si la solidarité vaut le prix qu'elle peut exiger des êtres chers. Le soutien, autrefois exprimé publiquement, entraîne désormais des conséquences qui sont délibérément diffusées et profondément personnelles.

Et pourtant, même sous ce poids, le souvenir des manifestations perdure — non seulement comme un épisode de confrontation, mais comme un rappel de la manière dont l'État comprend profondément le pouvoir de la résolution partagée. En rendant le coût de la dissidence collectif, les autorités reconnaissent ce qu'elles cherchent à défaire : que la protestation n'a jamais été seulement une question d'individus, mais des liens fragiles entre des personnes qui croyaient, brièvement et courageusement, qu'elles n'étaient pas seules.

Avertissement sur les images AI Les illustrations sont générées par IA et servent de représentations conceptuelles.

Sources Reuters Amnesty International Human Rights Watch IranWire Rapport des droits de l'homme des Nations Unies

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