Là où le sable rencontre le béton et où l'horizon se rétrécit en fils de fer et en tours de guet, un mouvement subtil est revenu à Rafah. Pendant de nombreux mois, le passage à la frontière sud de Gaza a existé comme une absence — un lieu plus mémorisé qu'utilisé, une porte scellée par la guerre et l'incertitude. Au début de février, il a rouvert, non pas avec cérémonie ou foules, mais avec des pas discrets et le faible bourdonnement des moteurs attendant leur tour.
La réouverture était limitée et prudente, permettant seulement à un petit nombre de Palestiniens de quitter Gaza ou de revenir par l'Égypte. Le rythme était lent par conception. Parmi les premiers à passer se trouvaient les malades et les blessés, des corps affaiblis par des mois de tension et un système de santé incapable de répondre à leurs besoins. Des ambulances se sont rassemblées près du passage en rangs patients, leur présence rappelant qu pour beaucoup, ce passage n'était pas une question de voyage, mais de survie.
D'autres ont traversé dans la direction opposée. Un nombre modeste de Palestiniens qui avaient été à l'extérieur de Gaza sont revenus dans un paysage remodelé par le conflit. Leur retour ne portait aucune illusion de facilité. Les maisons étaient endommagées, les quartiers altérés au-delà de toute reconnaissance, et la vie quotidienne restait fragile. Pourtant, l'acte de traverser lui-même — de revenir — portait un poids dans un endroit où le mouvement a longtemps été nié.
Le flux étroit de personnes reflétait la réalité plus large entourant Rafah. Le passage a rouvert sous des contrôles stricts, façonnés par des fouilles de sécurité et des listes pré-approuvées. Chaque nom représentait des semaines ou des mois d'attente, et d'innombrables autres restaient derrière, leurs espoirs suspendus dans une immobilité bureaucratique. Des dizaines de milliers cherchent encore la permission de partir pour des soins médicaux ou de retrouver leur famille, leurs avenirs suspendus par des décisions prises loin de la frontière elle-même.
Cette réouverture timide faisait partie d'un effort de cessez-le-feu plus large, une tentative de desserrer un fil de l'isolement de Gaza sans défaire l'équilibre politique fragile qui l'entoure. Aucun bien ne circulait librement, aucune poussée ne suivait. Ce qui est plutôt apparu était un rythme mesuré — une personne, puis une autre — comme si le passage lui-même réapprenait à fonctionner.
Alors que le soir s'installait et que la lumière s'adoucissait, Rafah revenait à son rôle familier de seuil plutôt que de destination. Il ne promettait ni soulagement, ni résolution. Mais dans sa réouverture silencieuse, il offrait quelque chose de plus petit et non moins profond : la preuve que même après une longue fermeture, le mouvement — aussi léger soit-il — peut encore commencer.

