Au Baloutchistan, la terre s'étend large et sparse, ses montagnes gardant le silence plus longtemps que la plupart des endroits ne peuvent le supporter. Les routes y sont rares, les pipelines tracent des lignes incertaines, et les promesses arrivent de loin, portées par le langage de l'investissement et de l'alliance. Pourtant, sous ce paysage, la violence continue d'interrompre l'histoire que le Pakistan raconte à ses partenaires — et à lui-même.
Les récentes attaques dans la province ont de nouveau exposé la fragilité des assurances d'Islamabad envers la Chine, dont les ambitions économiques au Pakistan dépendent fortement de la stabilité dans le sud-ouest. Les ports, les routes et les corridors énergétiques envisagés dans le cadre de plans de développement à long terme reposent sur un terrain qui n'a jamais pleinement accepté l'autorité qui lui a été imposée. Chaque explosion, chaque embuscade, résonne au-delà du chagrin local, faisant écho à travers les canaux diplomatiques et les calculs stratégiques.
Le Baloutchistan a longtemps été un paradoxe au cœur du Pakistan : riche en ressources mais politiquement aliéné, stratégiquement vital mais constamment marginalisé. Les militants présentent leur violence comme une résistance à l'extraction sans consentement, tandis que l'État la qualifie de terrorisme menaçant l'unité nationale. Entre ces récits se trouve une population prise dans des cycles d'opérations de sécurité et de développement bloqué.
Pour la Chine, la province représente à la fois une porte d'entrée et un risque. Les projets d'infrastructure, en particulier ceux liés à la connectivité régionale, nécessitent plus que des contrats et du capital. Ils nécessitent de la confiance — que les travailleurs seront en sécurité, que les délais seront respectés, que l'opposition locale pourra être gérée ou neutralisée. Chaque attaque érode cette confiance, soulevant des questions que Pékin exprime rarement publiquement mais pèse inévitablement en privé.
Les implications vont encore plus loin. Le Pakistan a également cherché à se présenter comme un partenaire stratégique fiable pour les puissances occidentales, y compris les États-Unis, notamment en matière de stabilité régionale et de lutte contre le terrorisme. Alors que les vents politiques mondiaux changent et que des figures familières réintègrent la conversation politique américaine, la capacité d'Islamabad à projeter le contrôle sur son territoire devient partie d'une performance plus large de crédibilité.
Ce qui complique cet effort, c'est que la force seule n'a jamais réglé les troubles du Baloutchistan. Les réponses militaires suppriment les symptômes sans résoudre les causes, tandis que les promesses de développement échouent au milieu de la méfiance et d'une distribution inégale. La province absorbe de grandes visions mais libère de la résistance, encore et encore.
Dans la capitale, les déclarations soulignent la détermination et le partenariat. Sur le terrain, l'incertitude persiste. Les routes peuvent être reconstruites. Les ports peuvent s'étendre. Mais la légitimité avance plus lentement, et sans elle, même les corridors les plus ambitieux restent vulnérables.
Le Baloutchistan ne menace pas seulement des projets ou des promesses. Il remet en question l'idée que la stabilité peut être délivrée d'en haut, négociée à l'étranger, et imposée à domicile sans tenir compte de la terre et des personnes entre les deux. Tant que cette tension ne sera pas abordée, les promesses du Pakistan — qu'elles soient faites à Pékin ou à Washington — continueront de reposer sur un sol instable.

